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06/11/2009

Longue vie aux canards (sans OGM)

Claude Lévi-Strauss étant mort (l'action des jeans Diesel a grimpé de 10%) j'ai acheté beaucoup, beaucoup de journaux "sérieux". Le Monde, la Croix, le Figaro et évidemment Libé qui y a consacré 16 pages.

Le matin, je lisais ma revue de presse large (il paraît qu'Etiemble, au début du siècle dernier, passait deux heures par jour à lire la presse de Rivarol à l'Huma; aujourd'hui Alain Duhamel fait pareil. Je vote quand même Etiemble) en écoutant la radio ou en regardant les Matinales de Canal ou France 2 pour voir les différences... Force est de constater qu'elles existent, et pas qu'un peu.

Je sais que PPDA disait "la télé ne suffit pas à s'informer, mais on n'est pas informé si on a pas la télé". Ca nous permet de confirmer la totale immodestie de ce romantique sous cellophane mais derrière la figure (poudrée) de style, rien. Car de l'info, à la télé, moi, je n'en vois pas. Des très bons débats, parfois (hier la passe d'arme Besson/Onfray, siouxement doublé par le matois Slama chez Taddei était savoureuse) ou de l'investigation. A la radio, d'excellents reportages hors cadre, hors champs, mais pas d'infos, les journalistes de ces rédaction suivent toujours frénétiquement l'agenda médiatique qu'on leur donne. Bien sûr, certains grognent avec talent (Thomas Legrand) mais toujours toujours, ils aboient après la caravane, qui passe, et ils ne vont pas déterrer les poubelles.

Or, le gouvernement prend une bonne mesure: permettre aux 18-24 ans de bénéficier pendant un an d'un abonnement gratuit à un quotidien. Sur le oueb, volée de moqueries de type influents (enfin, autoproclamés comme Versac) qui déclarent à l'unisson "15 millions de perdus pour préparer les jeunes au passé", je suppose que les mêmes saluent les 7 millions débloqués par l'Etat pour renflouer Dailymotion, un investissement stratégique et de service public, puisqu'ils vivent à 100 % de la pub (et donc maintenant de 7 millions sans contreparties, de l'Etat). Je trouve triste que les amis de l'écrit ne s'unissent pas: bien sûr, de rue 89, à TED.com, à d'innombrables sites, de l'infos sur Internet, il y en a, mais parler de passé pour la presse écrite me semble aussi con que, mettons, parler d'Internet comme "pire saloperie jamais crée par l'homme" (J. Séguéla)

En attendant, et puisque demain c'est le week-end, moment propice pour décanter, je vous livre ça. Je pense que ça se passe de commentaire...

La charte des devoirs professionnels des journalistes français

Un journaliste, digne de ce nom,

- prend la responsabilité de tous ses écrits, même anonymes ; 
- tient la calomnie, les accusations sans preuves, l’altération des documents, la déformation des faits, le mensonge pour les plus graves fautes professionnelles ; 
- ne reconnaît que la juridiction de ses pairs, souveraine en matière d’honneur professionnel ; 
- n’accepte que des missions compatibles avec la dignité professionnelle ; 
- s’interdit d’invoquer un titre ou une qualité imaginaires, d’user de moyens déloyaux pour obtenir une information ou surprendre la bonne foi de quiconque ; 
- ne touche pas d’argent dans un service public ou une entreprise privée où sa qualité de journaliste, ses influences, ses relations seraient susceptibles d’être exploitées ; 
- ne signe pas de son nom des articles de réclame commerciale ou financière ; 
- ne commet aucun plagiat, cite les confrères dont il reproduit un texte quelconque ; 
- ne sollicite pas la place d’un confrère, ni ne provoque son renvoi en offrant de travailler à des conditions inférieures ; 
- garde le secret professionnel ; 
- n’use pas de la liberté de la presse dans une intention intéressée ; 
- revendique la liberté de publier honnêtement ses informations ; 
- tient le scrupule et le souci de la justice pour des règles premières ; 
- ne confond pas son rôle avec celui du policier.

Paris, Juillet 1918 - révisée en janvier 1938