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06/11/2022

Mais qu'est-ce qui serait raciste, alors ?

Plus les articles se multiplient, plus les interviews s'accumulent depuis la sortie ahurissante de Grégoire de Fournas à l'Assemblée jeudi, plus je me dis que nous avons désormais un bloc de médias mainstream qui acceptent une dose très forte de racisme dans la société. Et à vrai dire, je ne sais pas quelle dose serait suffisante pour, enfin, qualifier un raciste de raciste. Les sorties de Zemmour dignes de Sacha Baron Cohen, ces happenings du glauque ont achevé de notabiliser le RN et les notables ne sont pas racistes, comme chacun sait. 

Mon cher quotidien Le Monde, peu téméraire en matière économique, mais naguère courageux pour dénoncer la langue et les actes brunes parle pour l'incident de jeudi de "propos présumés racistes". Beuve Méry doit se retourner dans sa tombe. La judiciarisation de la société, les pressions systématiques du RN qui menacent quiquonque les qualifie "d'extrême-droite", payent. Depuis 3 jours, on ne reprend que leur récit, leurs éléments de langage et on se prosterne devant. Il ne visait pas son collègue député, mais les bateaux de migrants et ça n'est pas raciste, c'est une politique. Hier soir dans son talk show dégoulinant d'un poujadisme putride à même de faire passer Hanouna pour une émission avec de la tenue, Léa Salamé questionnait Clémentine Autain sur ce sujet en disant "moi je ne juge pas cette phrase". RIP service public de l'information... 

Il y a trop de complaisance avec un parti raciste, un parti rempli de racistes. Tout l'entourage du nouveau président Bardella est composé de la Gud Connection, tout l'historique internet de De Fournas est un mélange de Jean Raspail et Renaud Camus, un combo du pire du racisme primaire. L'objectivité ça ne peut pas être cinq minutes pour Hitler et cinq minutes pour les juifs, mais ça ne peut pas non plus consister à se demander si cette sortie raciste l'est réellement... Trop de commentateur.ices et de politiques ont la bouche et la plume qui tremblent et ça n'a jamais été un moyen d'éloigner les racistes du pouvoir. 

30/10/2022

Si l'automne devient le nouvel été, l'été sera le nouvel enfer...

D'aussi loin qu'il m'en souvienne, je me suis baigné à la Toussaint. Dans cette saison qu'on appelle l'été indien et sublimée par Joe Dassin. Je me baignais chaque année au même endroit, à Nice (faut de quoi la comparaison serait biaisée). Mais je me souviens qu'il y avait des années imbaignables ou alors la baignade relevait de la bravade d'enfants en buvant un chocolat chaud en sortant pour cesser d'avoir les lèvres bleutées. Par solidarité, mon père qui redoutait l'eau sous toutes ses formes, nous accompagnait d'un blanc sec, voire d'un calva, car il peut et il doit faire frais, fin octobre. Cette année, je suis descendu en vacances sans écharpe, sans blouson, une simple vareuse suffisant amplement. Précaution de parisien, les locaux sont en t-shirt.

L'eau n'était pas tiède, cette année. C'était de la soupe. Tout le monde rentrait d'un coup, personne ne s'arrêtait aux genoux, rebroussant chemin face aux frimas. Que dalle. Et tout le monde laissait la soleil les sécher. Si nous ne voulons pas nous souvenir que ça n'était pas le cas avant, ça n'est pas par déni climatique mais par le mécanisme baptisé par le biologiste Daniel Pauly "d'amnésie environnementale". Le climat se dérègule peu à peu, ne nous laissant pas le temps de voir les changements. Les oiseaux n'ont pas disparu des champs en une année, pas plus que les moucherons n'ont cessé de mourir sur nos pare brises du jour au lendemain... Hier, il faisait presque aussi chaud, mais avant hier, non. Et ça s'accélère... Nul ne sait sur la trajectoire que nous empruntons ce qui peut advenir. 

Nous devrions nous indigner contre celles et ceux qui osent encore légender leurs articles d'enfants insouciants sur la plage et parler de "la douceur agréable". Cet été, nous avons connu une vague inédite de sécheresse (toujours en cours, évidemment, les réserves ne se reconstituant pas par temps sec...), de végétation brûlée alors que nous n'étions "que" 3 ou 4 degrés au dessus des normales. Là, c'est plutôt 10... Que fera-t-on l'été sera détraqué de 10 degrés sur quelques jours ? Montrera-t-on encore la munificence des étals des marchands de glaces ? Ou reconnaîtrons-nous que lorsque les automnes ressemblent à l'été, l'été ressemble à l'enfer ? 

Quand j'ai commencé à m'intéresser au dérèglement climatique, peu après "une vérité qui dérange' d'Al Gore, je me souviens d'avoir entendu une conférence disant que sans inflexion de nos émissions  de CO2, le réchauffement modifiera le climat et importera des maladies dans des endroits où elles n'ont jamais été recensé. Je m'en souviens d'autant plus facilement que l'exemple portait sur 2050, à Nice. On y trouverait des cas de malaria. Quand le sage montre la migration des moustiques, l'imbécile montre des enfants mangeant des glaces les pieds dans l'eau. 

18/09/2022

Quatennens fait progresser la cause...

En moins de 4 jours, Quatennens a reconnu s'être rendu coupable de violences physiques (une gifle, des disputes lors desquelles il lui bloque le poignet) et psychologiques (confiscation de téléphones portables et envoi de beaucoup trop nombreux messages pour la faire revenir sur le divorce) sur son épouse. En moins de 4 jours, donc, il a permis de clarifier une situation et éviter tous les faux semblants employés par les masculinistes qui jouent la montre pour faire croire que leurs victimes mentent, veulent de l'argent ou la garde des enfants et autres. Non, il a reconnu avoir mal agi, se met en retrait de ses fonctions et comprend qu'on ne peut pas exiger la vertu des autres quand on ne l'incarne pas soi même.

Si Quatennens a compris, ça n'est pas le cas de tout le monde. Nombre de soutiens de LFI oublient que la seule victime, c'est sa femme. Je comprends la peine de voir l'étoile montante du parti devenir étoile filante, mais quand on veut faire progresser la cause des violences, on ne peut pas être exemplaire à demi.

C'est chiant, c'est vraiment très chiant qu'un aussi brillant orateur, issu d'un milieu modeste, non passé par une grande école, cette figure modèle pour l'engagement de nombres de militant.es soit un homme violent, mais c'est ainsi, il l'a reconnu. Profitons de sa transparence pour faire avancer la cause un peu plus. Que les voix s'élèvent dans la NUPES pour savoir si le soutien est trop appuyé ou non, c'est le jeu, mais chez Renaissance, le profil bas serait bienvenu... Outre les cas emblématiques de Darmanin (toujours ministre) et Abad débranché sans gloire à l'occasion d'un remaniement après six semaines (et pas 4 jours) pendant lesquelles il fut maintenu en poste, une bonne dizaine de députés macronistes ont eu des rapports maltraitants. L'un d'entre eux, Benoît Simian, était même soumis à une obligation de ne plus approcher sa femme qu'il avait battu presque à mort... Et il était toujours député. Il a même failli être réinvesti. Les cas de harcèlement sexuels, de propos déplacés, de violences se sont multipliés pendant 5 ans et ont été étouffé par Ferrand, Le Gendre et Castaner. Espérons que pour les macronistes violents, à l'avenir, s'inspireront de la jurisprudence Quatennens et auront la décence d'assumer leurs horreurs.