27/06/2010
Pourquoi tant de maîtres du Monde ?
Marrant, tout ce Ramdam autour du Monde. Je ne vais pas dire du mal de ce journal. Si la démocratie est le pire des systèmes à l'exception de tous les autres, c'est sans doute la même chose pour ce quotidien; Le Figaro, bon, au seconde degré, les éditos sont marrants 'les chômeurs le font exprès, les pauvres coûtent cher, il faut faire tomber les caïds noirs, les femmes à la cuisine...". Libé, c'est sympa, on est souvent d'accord, mais bon, pas très sérieux ce canard on pourrait l'écrire soit même à quelques "rebonds" près. La Croix est bien écrit et informé, mais franchement, les bénitiers, je bois pas de cette eau-là. Le reste, même pas la peine.
Donc le Monde. Suis abonné d'ailleurs. On trouve tout et en détails encore, surtout pour les éclairages internationaux. Héritage historique, réservoir de plumes, analyses acérées, neutralité proclamée... Tout ce que vous avez toujours rêvé de proposer de plus prestigieux, vous le retrouvez accolé à la réputation de ce canard.
La presse va mal et les pompiers de cette industrie sont souvent des mécènes, intéressés en l'occurence : Rothschild veut emmerder le pouvoir en place en soutenant Libé et Dassault emploi le Figaro comme porte-voix. Plus amusant, en revanche, de voir ceux qui ont dansé les sept voiles autour de la direction du journal : une gauche plus caviar, tu meurs. Apparemment, les vainqueurs seraient Bergé Niel et Pigasse, soit BNP. L'attelage est amusant: un technophile vaguement anar, un mécène esthète admirateur d'art et un bébé DSK qui boit du coca, manger des chupa chups et fait des tours de périph à fond la caisse pour se déstresser de son quotidien de banquier. A l'évidence, aucun des 3 n'est un homme de presse. Bon, Bergé a fondé Têtu mais soyons honnêtes sans être offensant, les analyses dudit journal sur la réforme des retraites ou la gestion du proche-orient sont souvent relativement légères. S'ils ne s'impliquent pas par passion viscérale pour l'info, sans doute pas directement pour faire du Lobbying (un soutien à DSK, mais encore) on peut supposer qu'ils viennent juste de s'acheter le plus gros hochet de leur vie. Maslow et sa pyramide nous montre les besoins croissants et nos 3 stooges ont un besoin de reconnaissance sociale et intellectuel inassouvi qui les pousse à investir près de 100 millions d'euros, dont ils savent très bien que ce sera à perte, pour pouvoir accoler leur nom "au quotidien de référence". Ils ne dirigeront pas la rédaction, ne commanderont pas d'articles, mais ils seront quelque part à la tête de ce canard.
A une époque ou on parle de crise de l'intellect et des valeurs de l'esprit: 100 millions pour s'arroger un peu du prestige d'un journal, ça a quelque chose de rassurant. Je laisse les beaux esprits trouver cela déprimant, crier à la récupération en haut lieu, aux détournements idéologiques, ça me laisse tout de même songeur qu'on mette 100 millions euros à perte quand les boîtes aux bilans comparables sont généralement sauvées pour 1 euro symbolique.
Demain, nous chercherons à savoir si Anelka a proposé ses largesses pour aider à racheter le Monde avec Liliane Bettencourt.
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