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07/07/2010

Comment peut-on encore être un jeune de droite aujourd'hui ?

83scout.jpgRions un peu dans ce bordel: parlons de ceux qui aiment encore la droite aujourd'hui et pour demain.

Pas Chatel que j'écoute au moment ou j'écris (un ancien DRH de l'Oréal qui défend Woerth, ha ha ha) Bertrand ou Baroin... Non, non, des jeunes de droite. Ces derniers temps, ils filaient bas. Faut dire que depuis leur cultissime lipdub qui avait permis de montrer l'inculture abyssale des jeunes populaires: suite à une daube pareille, les micros s'étaient insinués parmi les allées de l'université d'été et on entendait des jeunes critiquer des noms au PS. Aubry est sectaire, Royal est folle, Hollande est mou et ainsi de suite... On voit la portée des arguments. Le seul Marx qu'ils connaissent est chef étoilé à Bordeaux, Blanqui un morceau de veau et Luxemburg un jardin ou une terre fiscalement accueillante...

DSK a leurs faveurs, forcément, il a leur idées (enfin, pour ceux qui s'intéressent à ce truc suranné) et en plus, une certaine élégance qui fait tant défaut à leurs rangs, de Balkany à Estrosi... Pour le reste, les arguments portent généralement au même niveau que les attaques de Guillon et Porte qu'ils honnissent. Le parallèle s'arrête là, les ex duettistes d'Inter faisant exprès d'être drôle (parfois) quand les jeunes le sont à leurs dépends.

Jean Ferrat se demandait à quoi peut bien ressembler un jeune Républicain indépendant, moquant les seuls pousses de l'époque à ne pas rêver d'un autre monde mais à ressasser les phrases toutes faites de leurs pharmaciens de parents...

Entendons nous bien, je n'ai rien contre une droite qui s'engage par conviction politique. Il en faut pour tous les goûts, mais écoutez monter leurs longues plaintes, aux jeunes pop'. C'est la pensée HEC en marche, la pensée de l'absence de pensée. Tout ce qu'ils veulent, c'est du comptable, des indicateurs, du buzz... Ils créent du buzzomètre pour la vente de PQ, les entrées de musée ou la popularité des ministres avec le même enthousiasme. La santé, l'éducation, le logement sont des indicateurs ou des référentiels qu'il faut prendre en compte pour réorienter les chiffres, mais faut que ça mousse.

C'est à cause de cet abandon total de pensée, ce culte voué à "l'influence", ce rêve "d'exister", cette révérence pour le "charisme" à cause de tous cela, on a une génération Dati, Yade, Chatel, Asparu... Tous en ont commun de n'agir que pour exister et le malheur c'est qu'ils sont plus légitime, plus starifiés par les jeunes de droite qu'un Bruno le Maire, un des rares à cogiter dans ce camp ("des hommes d'Etat" est un excellent livre). On pourrait rajouter Valls dans l'autre camp, mais si Valls est de gauche, moi je suis curé...

Parmi les petits thuriféraires de l'absence de pensée et du culte du chiffre, un chroniqueur radio et starlette du web a sorti le billet le plus con que j'ai lu depuis longtemps et pourtant on m'en envoi. Si vous voulez rire un peu, c'est là: http://mry.blogs.com/les_instants_emery/2010/07/etre-de-d...

Je vous reproduis la conclusion pour vous épargner la vision exhaustive:  "La droite n'est jamais aussi forte quand elle est au pied du mur. La gauche n'est jamais aussi faible quand elle ne se construit pas autour d'un homme". C'est l'analyse du sémillant jeune homme (qui a fait HEC...) en réaction à l'affaire Woerth, étonnant, non ?

Si avec ça en face, la gauche se ramasse en 2012, j'écluse une piscine de vodka bien russe (what else?) que je remplirai au fur et à mesure de mes larmes....