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21/05/2011

Politique-fiction, les quotas à l'autre FFF

dollar-forex.jpgAmbiance tendue ce matin là pour la réunion mensuelle de la Fédération Française des Finances. La France, championne d'Europe de 1997 à 2002 accumule les résultats médiocres et le nouveau Président, en place depuis 2007, accumule les conneries. La France socialo-coco-écolo a volé en éclats. Aujourd'hui, les commentaires acerbes abondent dans les cafés : "y a un problème de fond, on reconnaît plus le pays, regardez l'équipe, y a que des libéros". Au football, le libéro est ce joueur libre, d'où son nom, qui joue devant la défense et remonte mettre la panique dans le camp adverse. Un de nos plus brillants représentants à ce poste fut Laurent Blanc, mais ceci serait une autre histoire.

La réunion doit trancher deux problèmes : les "bi-parcouraux" et le recrutement et les critères de sélection de nos élites.

Les hiérarques se massent avec leurs costards à deux SMIC et, autour de jus de tomates avec tabsasco, entament le premier débat par la voix puissante du sélectionneur : 

- On a un vrai problème en défense. Pour la défense des recettes publiques, tous nos meilleurs éléments se barrent à cause de cette règle à la con des bi-parcouraux. On les forme à nos frais jusqu'à sciences-po et l'ENA et derrière, ils partent jouer en attaque pour les banques et les fonds, c'est une stratégie dramatique, on fonce dans le vide là !

- Et alors quoi, on instaure des quotas : 20%, 30% de ceux-là seulement ?

- Non, il faut remettre la loi en cause et ne pas se faire enculer par les codes mondiaux de libre circulation. On doit imposer que 100% des défenseurs publics y restent, sinon on va se faire enfumer.

Tous les autres petits caporals regardent leurs pompes, le problème des bi-parcouraux est un problème crucial et dans le fond, ils savent bien qu'il a raison; un tel déséquilibre nous mène à la peste. Ce problème reflète la somme de leurs lâchetés mal digérées... Ils en sont encore là de leurs hésitations, quand le sélectionneur décoche une seconde salve:

-Non, puis bon, comme on est là pour se dire les choses. Il faut qu'on change nos critères de sélection. Regardez les Danois, les Suédois, les Finlandais et les Canadiens: ils nous laminent grave depuis dix ans. Pourquoi ? Regardez leurs équipes : elles sont complètement mixte, avec des différences d'âge, d'origine sociale et le tout prend. 

-Va au bout salopard, qu'est-ce que tu sous tend ? Tu veux qu'on arrête de recruter des écoles de commerce pour prendre des oisifs? Eructe un sous-sergent.

- Je ne dis pas ça, détends-toi. Je dis simplement que nos critères de sélection sont dramatiquement simplistes: on détecte et sélectionne les seuls capables de faire beaucoup de dégâts et de profits sur les marchés les premières années. Bon, et qui a les qualités naturelles pour faire ça ? Les HEC et les ENA bi-parcouraux. C'est sûr qu'on fracasse les défenses publics et on affole les marchés, mais c'est une vision à court terme. On flambe toujours pendant un mois avant de prendre une dérouillée phénoménale. Souvenez-vous du blaireau sélectionné pour la privatisation des autoroutes; ça a marché six mois mais depuis, on a un de ces trous en défense... Vous voyez bien qu'avec ce jeu débile, on s'aveugle, on se découvre et on ramasse une volée...

Le Président rompt l'inhabituel silence qui le caractérisait depuis le début de la réunion et se tourne vers le sélectionneur: "Merci à toi, j'aime ta franchise et je comprends tes angoisses. Pour autant, je ne pense pas que cette conversation doive jamais sortir, on se ferait lynhcer dans la presse".

Arc-boutée sur son ordinateur sur lequel elle tape un compte rendu, reniflant et se mouchant dans la manche de son sweat à capuche, une jeune fille sourit intérieurement. Ayant fait de longues humanités jusqu'au niveau Master, ce qui lui vaut le droit d'être petite main dans ces réunions, elle enregistre cette conversation qu'elle compte donner à la presse dès la sortie en espérant que cela bougera certaines mentalités encrassées...