01/02/2012
Benchmark contre ton camp, camarade
Soirée à l'Institut du Monde Arabe hier, thème "emploi et diversité". La diversité de points de vue est dans la salle: méfiance, un militant CGT affilié à cette assoc' qui avance sous couvert d'union nationale quand les objectifs communautaristes sont apparents comme les coutures d'un costume bon marché, les Indivisibles. Ferraille propre et nette. Par ailleurs, il faut panacher entre les entreprises présentes, les assocs, les personnes présentes dans la salle et victime de discrimination ordinaire à l'adresse, au patronyme, au sexe et au beaufisme ordinaire... Mais les coups les plus étranges sont venus de mon voisin qui n'avait de gauche que la position qu'il occupait par rapport à moi sur la table : Olivier Ferrand, président de la Fondation Terra Nova. Il venait défendre son texte paru en partenariat avec Respect Mag, 16 propositions pour une France métissée.Comme dirait Laurent Bouvet, je ne dis rien, je vous laisse juge, le texte est là
http://www.tnova.fr/note/france-m-tiss-e-2012-lappel-aux-...
Hier, donc, Olivier Ferrand était venu avec ses propositions pour la diversité. J'avance évidemment que le but est de lutter contre les inégalités en restaurant l'égalité des chances d'accès à l'éducation, à l'emploi et demande à Ferrand quelles propositions il veut pousser sur le thème de l'emploi. Et là, il s'embarque dans des propos émerveillés sur trois solutions après voyage d'étude au Canada, aux Etats Unis en Australie et que sais-je. La lutte est plus bankable quand elle se mue en struggle I suppose... Personne n'entrave que pouic à son salmigondis où l'on sent poindre de toute part le ethic washing ou les carabistouilles pour parler plus trivialement. Parlent alors Thibault Guilluy, directeur d'Arès, entreprise d'insertion qui crée trop d'emplois pour être agréer par l'Etat - Ferrand l'ignorait - puis Saïd Hammouche, qui avance le CV vidéo, le coaching des jeunes où l'incitation des entreprises à recruter par d'autres canaux. Ferrand ne prend pas de notes, pianote sur son Iphone. Dans ces cas là, le tacle est inutile, je me contente d'un neutre et perfide: "on va prendre les questions de la salle, mais cher monsieur Ferrand, vous qui avez rédigé 16 propositions que pensez vous de vos voisins ?". Benoîtement, il confesse: "Le vrai changement, les propositions fortes, sont chez eux". Voilà voilà voilà... Il ne restera pas, croisera un troisième entrepreneur social, Jean-Michel Ricard, dont la Fondation Terra Nova dit le plus grand bien mais dont il ignorait l'existence. La gym des vieux n'est pas télégénique, ne vient pas des Etats-Unis, quel intérêt ?
En 68, des militants proposaient une solution naturelle et écologique "cours camarade, l'ancien monde est derrière toi". Ferrand profite de ce que sa fondation touche des fonds de Total et de Microsoft pour aller beaucoup plus vite qu'une simple course et prend l'avion pour aller voir là où le nouveau monde s'ébroue, commentant inlassablement les vertes prairies qui le sont car peintes à la bombe aérosol, sans voir ce qui se passe à deux pas de chez lui. Dans le fond, Olivier Ferrand est à la gauche ce que Yann Arthus Bertrand est à l'écologie : un traître.
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