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07/01/2010

Filasse F.O.G.

Post dans la série "certains veulent le beurre, l'argent du beurre et le cul de la crémière"...

Un très grand amour de Franz Olivier Giesbert vient de paraître chez Gallimard. Gallimard est un phare de l'establishment et Monsieur Giesbert, directeur de l'hebdomadaire Le Point, après avoir été celui du Figaro et eu de grosses fonctions au Nouvel Obs. Il anime aussi depuis des années des émissions littéraires avec toujours un choix exquis pour ses chroniqueurs: Charles Pépin, Nicolas Rey, Anne Fulda, Elisabeth Lévy.... (dans le lot, une lit des livres, ça vous laisse une chance sur deux, mettons que c'est celle qui n'a pas couché avec le premier des Français...).

FOG voudrait aussi qu'on dise que Rolin (les 2) et Le Clezio sont sympas, mais y a lui aussi, il voudrait que ça se sache. L'homme a quelques relations et c'est sans grande surprise que Bernard Pivot en fait une dithyrambe dans le JDD. Pivot a une culture colossale qu'il alimente en n'étant jamais blasé des nouveautés. Il a toujours ses grandes joies de roi Lire en découvrant ses paquets qu'il redonne aux Bibliothèques: longtemps celle de France 2, je suppose le JDD maintenant... Mais disons qu'il faut remonter à Mitterrand pour l'entendre dire du mal d'un livre, alors un collègue service public... D'autant que FOG a sorti l'argument massue: "c'est son livre le plus personnel". Et l'argument qui tue "l'histoire vrai d'un homme quitté car sa femme avait peur de sa maladie" l'homme a un cancer de la prostate et pisse du sang.

Je suis Junior comme Castor, mais j'ai des amis seniors et certains qui ont également eu de lourdes tracasseries prostatiques. Il ne se sont pas répandus par écrit pour autant. OU alors il y a Philip Roth et c'est géant mais Roth n'est pas mon ami et FOG n'est pas Roth.  Aude Lancelin, qu'on a connu plus mordante crie au génie. Elle dit que c'est le plus beau livre de l'auteur avec la souille. Là, je suis d'accord, la souille est un excellent livre. A l'époque où il l'écrivit, FOG n'était "que" journaliste, il avait du temps et ciselait ses phrases et son intrigue, coupait les nervures. Le bouquin m'a happé et je l'ai englouti. Alors que là... C'est épouvantable.

J'ai un ami qui vend des livres, plus ils sont neufs plus il les vend cher alors je lui ai donné comme un kleenex usagé, sitôt servi, mais ça lui a fait plaisir qu'un kleenex. C'est dommage, j'aurais pu vous en citer des passages où l'on peut lire que les paysans ont "le teint bistre" "les mains calleuses", et une litanie a faire crever de rage les vendeurs de chromes spinaliens. Mieux, à propos de sa peur de la panne "j'étais trop tendu mais pas au bon endroit" finement, le directeur prend le contre pied en expliquant un priapisme honteux "face à ces femmes j'aurais du être détendu mais au contraire, je ne parvenais pas à masquer mon émoi" (je cite de mémoire, mais c'est l'idée). Bref, FOG a découvert qu'une biroute servait à autre chose qu'à pisser et il ne s'en remet pas. Les nanas le quittent et il feint de trouver cela injuste comme ceux qui s'aiment tellement que leur miroirs sont leurs principales zone érogène. C'est Alexandre Jardin au scénario, et Bigard aux Lyrics... Faites un geste pour l'environnement: pensez à recycler.

Demain, je vous dirais de lire le journal 2008 d'Hedi Kaddour toujours cher Gallimard. Oh et pis merde, vous le lire c'est intelligent en diable, drôle à souhait et écrit sans couenne aucune.