04/08/2010
Alain-Dominique Perrin, la ploutocratie décomplexée...
Pauvre Eric Woerth qui ne pourra pas partir en vacances tranquille... Tout ça parce que la presse gauchiste de Libération (Benjamin Lancar, sors de mon cerveau) lui a sorti une nouvelle affaire bien lardée où les protagonistes balancent le morceau... Le tout un jour anniversaire de l'abolition des privilèges, l'histoire a des rires sadiques, quand même.
Car contrairement à un Patrice de Maistre très bien élevé, fin connaisseur du climat helvétique invitant à la prudence, Alain-Dominique Perrin est un parvenu à gourmette et à chemise à initiales. Je l'ai vu, d'ailleurs, plastronnant tel un Adrien Deume en fin de carrière, avec sa chemisette blanche ornée d'un motif en surimpression : ADP. Je pensais que c'était un cadeau d'Aéroports de Paris pour le remercier de je ne sais quoi avant que je réalise l'homonymie. Bon.... Que le premier qui me croise avec une chemise CJ (castor junior) me jette la première bière, si possible recta dans le gosier...
Que nous apprend l'affaire, donc ? Qu'Eric Woerth a sciemment arrangé l'ardoise fiscale de César (l'artiste, pour l'empereur, on ne sait pas encore, mais le pauvre Woerth avec sa veine, ça pourrait tomber...) Or, l'un des deux exécuteurs testamentaires dudit César, c'est donc l'ami ADP. Par ailleurs ancien patron de Richmond, dirigeant la Fondation Cartier pour l'Art Contemporain et mécène très très intéressé, manifestement, de l'UMP. Pris la main dans le pot de confiote, plutôt que de se sucer les doigts pour faire disparaître les traces, le Plastic Bertrand de l'art contemporain a éructé : "mais évidemment qu'Eric W m'a aidé, pour un artiste de la stature de César, il est normal qu'on agisse au plus haut niveau de l'Etat".
Bon, d'abord passons sur les considérations artistiques sinon on est pas sorti de l'auberge, mais que le plus grand thuriféraire du sanibroyeur doré soit un Grand Artiste, ça se discute. Ensuite, m'est souvenir que bien souvent l'Etat a laissé des artistes dans le dénuement le plus total, mais bon.
Là où ça devient cocasse, c'est que l'ineffable ADP se récrimine contre la presse bien pensante et expose son cas pour expliquer les victimes fiscales en France : "à une époque, je payais 68 ou 70% d'impôts, ce qui ne me laissait que 320 000 euros par an, c'est pour ça que je suis parti à Londres car même si la vie est plus chère, je gagnais plus d'argent". Préparez vos mouchoirs pour ce pauvre pitchoune, sucé par un Etat communiste à un petit 30 SMIC annuels (à mon avis, hors prime, en plus...).
J'aime bien cette affaire, elle prolonge parfaitement ce que l'on voit éclater depuis un mois: une ploutocratie outragée par les "rouges qui veulent leur faire rendre gorge"... J'espère juste que les strauss-khaniens n'auront pas l'indécence de sauter sur l'affaire, puisque leur mentor qui est de gauche comme je suis curé était lui même intervenu pour alléger la note fiscal de Karl Lagerfeld de 5 millions d'euros quand il était à Bercy.... Alors, bien sûr, certains diront quand même que c'était Karl Lagerfeld... Un homme qui a beaucoup fait pour la revalorisation du porte-manteau...
Demain, nous nous dirons que peut être, s'il y eut une nuit du 4 août, c'était parce qu'une minorité agissante parmi les 99% de dépossédés commençaient à en avoir plein le dos de ce 1% arrogant...
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