17/11/2010
A Toronto, la journée de la gentillesse, c'est 365 jours par an...
Toronto c'est mort la nuit me disait une connaissance de taff dont la famille y vit. M'est avis qu'elle a passé trop de soirée auprès du feu, car la nuit ontarienne est assez enlevée. ET à 6$, soit moins de 5 euros, le gin tonic, elle est biscornue en fin de soirée... Mais c'est pas le sujet.
Sinon, dans un sketch du Comte de Bouderbala, il revient sur l'hallucinant enthousiasme des nords-américains, http://www.youtube.com/watch?v=7JqKW0R0yVk . J'avais oublié, mais c'est tellement vrai... Une gardienne de parking, une vendeuse de tasse aux chutes du Niagara ou une caissière de supermarché; personne ne se contente de vous dire bonjour, tout le monde vous demandera: "bonjour, comment allez vous aujourd'hui, la pêche...", c'est assez frais au début, mais en bon français ça me gave. Je trouve que le droit de faire la gueule est un acquis social irréfragable avec son corollaire, ne pas perdre son temps a être gentil avec les gens quand on aime pas son boulot. Mais ici, ils ne peuvent pas, pas le droit.
Dingue ça, ça commence très jeune, à l'école dès qu'un môme arrive à faire un dessin même de traviole, on lui dit "good job", jamais "well done", tout tourne autour de cet état de Disneyland permanent où tout le monde est gentil et tout le monde félicite tout le monde. Dans les classes de gamins, je ne sais pas jusqu'à quel âge, mais au moins l'équivalent du CM2, on ne mette plus de notes. Pourquoi s'emmerder avec des notions qui vont forcément fâcher puisque tout le monde ne peut avoir 20/20 tout le temps... Je veux pas être réac, mais les bras m'en tombent. Cette machine à fomenter des gens contents quoi qu'ils fassent, y compris les boulots les plus chiants et ingrats, j'y crois qu'à moitié...
Sinon, l'autre truc de fou, c'est la collecte de fonds. C'est partout chez eux. Nous, dès qu'il nous manque 1000 euros, on cherche une subvention d'état, de la région ou autre, eux ils collectent. Une proviseur de lycée m'expliquait qu'elle organisait chaque année une journée de lavage de voitures qui rapportait en moyenne 6000$ pour une association; cette année, envoyer des médicaments au Tibet. Bon, très bien, mais ce truc de don te suit partout. Alors que je m'extrayais paisiblement de ce monde lénifiant de gentillesse dans une escale gastronomique de qualité que nous n'avons pas en France (burger King) le type me demande à la fin de ma commande si je veux rajouter 2$ pour la sick kids foundation... Mais je te jure... Comme j'ai pas dit oui, vu que je connais pas l'asso, j'ai lu dans ce regard que j'étais un infanticide en puissance...
Moralité, toute cette gentillesse n'est pas bien casher à mon avis, un jour par an, ça doit suffire...
Demain, je retournerai dans leur Chinatown, sont moins sympas la bas...
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