Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

31/01/2011

Tiens, du bon rap français...

3661585603184.jpgJe me souviens de la vanne du comte de Bouderbala, "on est tous d'accord pour dire que le slam est le cousin du rap. Sauf que le slam est allé à l'école"... Les deux slameurs que je connais perso, le Robert ou Yann Thomas donnent plus à cogiter en une chanson qu'avec les oeuvres complètes de Mafia K'1 fry, Sinik ou Orelsan (le Rimbaud de "sale pute" qui chante le dépit amoureux d'après Fredo Mitterrand)... 

Du coup, avant que d'autres groupes déboulonnent IAM ou NTM, eau sous les ponts et plus de découvertes rapeuses, parce qu'écoutez Booba c'est plus possible...

Le rap français, à force de vouloir singer le rap US, fascination pour les clips façon snuff movies s'est tourné en ridicule tout seul.

Y, ou Igrek se lance donc dans un slalom de mouvance entre le slam pour obtenir le triple FFF de Télérama-France Inter, façon "Big Sick Steak" ou s'affirmer en hard core pérave façon Faf la Rage pour finir en rebelle mensualisé faire la bande-annonce de la prochaine série que les CSP+ regarderont pour s'encanailler...

Sa réponse, "le grand public est une mouche à merde qui se rue sur tout ce qui pue". Je sens que je vais zapper...

"L'identité nationale d'accord, mais donne du taff, d'accord", je reste. "Des biffetons pleins les poches et les mains pleines de sang, t'es réélu à 90%. La France te félicite, hypocrite, t'es le Don Corléone du Nord de l'Afrique". J'accroche. Tout y passe dans son univers proche, les lycéens "passent leur vie sur Internet, fenêtre ouverte à toutes les branlettes; peuvent mater 5 ou 6 saisons sans s'arrêter mais ne peuvent pas finir un roman". Ne s'épargne pas, "la platitude de ma vie devient une longue servitude". Mais remonte la pente et se fâche "je vais fabriquer du C4 avec un papier et un stylo", avec fièvre "la vie de ma prose à l'épreuve des printemps". 

La fièvre est sans doute le moteur du flow, le punch, la lucidité douce-amère mais jamais nihiliste facile. Le piège du poseur "nique la France"? Esquivé avec classe... Pourtant, il aurait de quoi "devenu l'otage de la rage qui m'héberge" pour cause d'un drame personnel qu'il effleure dans le premier morceau avec la mort de son père et le silence français, si classique, quand il s'agit de nos classeurs mémoriels fermés à double titre... Il ne fait pas ça non plus pour le blé, aujourd'hui... "j'ai cette musique dans la peau même si elle me rapporte que dalle, comme ouvrir un Club Med dans la bande de Gaza".

Je sais qu'aujourd'hui acheter un CD a quelque chose de suranné, comme téléphoner d'une cabine à pièces ou, mais quand même pour entendre "elles sont belles tes rides. Vas pas te faire un lifting, t'as pas besoin de te faire tirer la peau, elles sont belles ces lignes qu'on lit sur ton visage"  ça vaut bien 9 euros, et c'est là http://igrek.bandcamp.com/album/le-meilleur-des-mondes

Demain, nous trouverons un moyen d'envoyer ce post à Alain Finkielkraut...