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07/04/2016

Chercher le sens du Panama

1592110_3_0159_une-scene-du-film-documentaire-francais.jpgLa maison est cambriolée et nous regardons ailleurs...

Comment peut-on avoir l'indécence de perdre du temps sur 3 foulards plus ou moins islamiques quand des centaines de journalistes ont trimé, marné, sué, pendant un an avec l'aide de courageux lanceurs d'alerte pour laisser l'affaire dite des Panama Papers ? Connaîtra-t-on jamais l'ampleur de la fraude ? Les précautions de langage, les bataillons d'avocats et de fiscalistes vont faire leur sale boulot d'euphémisation par la technique. "Vous confondez tout, ça n'est pas de la fraude, c'est de l'optimisation". Ils sont payés (grassement) pour ça. Ils vont noyer le débat sous des couches d'arguties juridiques pour rajouter des nuances de gris. Ne soyons pas dupes et cherchons le sens de tout ça car l'enjeu est colossal.

De quoi parle t'on ? De milliards de milliards ou billions de dollars qui disparaissent des comptabilités des états au niveau mondial pour aller se cacher aux îles vierges britanniques ou en Asie en passant, chaque fois, par Panama. Notons que cet argent concerne quelques élus, quelques dictateurs, nombre de chefs d'entreprises et sans conteste quelques mafieux et chefs de cartels présents sous prête noms... C'est là le coeur de la matrice : cet argent n'a rien de sain, d'où qu'il vienne. Cet argent ne sert ni les populations ni même ceux qui le détienne. C'est un complot mondial d'Harpagons hurlant "ma cassette, ma cassette" mais n'en profitent même pas, n'en font pas jouir la communauté. Ils entassent des chiffres. Même pas des billets... La totalité de pièces et de billets produits dans le monde ne représente que 5% des richesses "produites" le reste c'est des chiffres, qu'on retrouve en quantité trop importante dans cette histoire...

Premier enfumage, on nous explique, on nous serine, que les français partent à cause de la pression fiscale. Panama Papers met à nu une vérité de l'argent fou fort différente. Les grandes fortunes françaises qui avaient placé leur argent en Suisse et en Belgique veulent payer encore moins et sont laissés embarquer dans cette histoire. Ils veulent juste "toujours plus", échapper à toute forme de redistribution par l'héritage... La pression fiscale française n'a donc rien à voir : on parle d'avarice pure. Seule la part du gendarme, de spoliation totale ou d'emprisonnement, peut faire cesser ces pratiques. Si on agite uniquement la réprimande et le blâme médiatique, rien ne changera, Panama ira à Hong Kong, puis aux Marquises et dans le Triangle des Bermudes s'il le faut...

Deuxième enfumage : on met en avant un clivage pour expliquer les réticences publiques. C'est faux. Je connais peu de politiques de droite favorables à l'exil et à la fraude fiscale... La vérité est qu'il y eut une convergence de lâche passivité. C'est à la fois plus accablant et porteur d'espoir : il faut le courage de fracasser tout cela, de séparer les activités bancaires pour ne pas laisser la Société Générale faire joujou en mettant en péril l'argent des épargnants. Il faut brandir des sanctions exemplaires, enfin. Un peu de courage, bordel : la maison est cambriolée et nous détournons le regard alors que les voleurs ne sont pas armés....