Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

08/11/2016

Chimériques partis

chimar14.jpgAu nom du rassemblement des forces de gauche, les cadres du PCF ont donc repoussé une union autour de Mélenchon, crédité d'entre 12% et 16% avec une constante autour de 15% dans les sondages. Deux solutions s'offrent alors à eux : s'allier autour d'un André Chassaigne qui doit bravachement pouvoir faire 1% ou rejoindre le panache blanc d'un Arnaud Montebourg et avaler une armée de couleuvres après des années passées à dire qu'il n'y a rien à attendre des socialistes. Le PCF a ses raisons que la raison ignore.

Ca n'est, hélas, guère surprenant : il est délicat de se trancher la tête soi même, raison pour laquelle les députés sont si peu enclins à rogner sur leurs avantages concernant leurs propres retraites ou leurs frais de fonction. De même, rien d'étonnant à ce que les états majors de partis ne puissent entériner une candidature en dehors des partis.

Critiqué pour avoir fait cavalier seul, Mélenchon a assumé le fait que les pesanteurs partisanes ankylosent la vie politique : si le PCF pourrait s'allier au PS, ça n'est pas par ligne politique ou affinité idéologique, mais uniquement pour placer des ronds de cuir à des postes de conseiller, d'assistant, voir de saute-ruisseau, tout ce que l'on peut pour sauver quelques gamelles... Hier, les opposants à Mélenchon ont dit qu'ils avaient repoussé le candidat de la France Insoumise car celui-ci ne considérait pas suffisamment les dignitaires communistes. Ils avaient moins fait les délicats en 2012. Ca ne tient pas, ils veulent juste sauver quelques strapontins lors des législatives 2017 et sont prêts pour cela à avaler tous les produits frelatés que proposent les alchimistes électoraux du PS... Triste tropique électoral. Un autre point, peut être, la règle verte de Mélenchon, peu compatible avec un PCF très puissant chez EDF et pro nucléaire, pro productiviste. Les idées et les besoins évoluent plus vite que les appareils partisans. 

L'honnêteté pousse à dire qu'Emmanuel Macron fait la même chose avec son mouvement En Marche. Lui aussi, pour d'autres raisons veut s'extirper du PS pour pousser sa ligne. La problématique des législatives l'handicapera de la même manière, à l'orée de la présidentielle...  Et ceci sera sans doute l'argument massue qui lui sera opposé une fois qu'il sera lancé : candidat Macron, sortez de l'ambiguïté, dites nous avec qui vous gouvernerez. Là, ça risque de poser souci, car niveau "société civile" Macron c'est Tintin, il est plutôt dans une logique gouvernance mondiale, gouvernement des meilleurs, les talents de gauche et de droite. Mais choisi dans les mêmes cercles qu d'habitude, avec un casting soigneusement étudié façon Trudeau. Image parfaite. Faut jsute pas regarder les textes...

Lors de la législative partielle de mai dernier à Strasbourg, le mouvement citoyen Ma Voix, constitué quelques mois plus tôt dans la ville à fini par rassembler plus de 600 voix en quelques semaines de campagne seulement où les militants du mouvement étaient aussi nombreux que ceux du PS ou de LR, à faire campagne le week-end... Quelle meilleure illustration de la faiblesse absolue des partis ? A quoi servent-ils encore ? Faire émerger des nouveaux visages ou des nouveaux talents politiques ? Défense de rire. Faire émerger de nouvelles idées ? Idem. La seule et unique raison d'être des partis est uniquement de former et préparer des élus et par extension, préparer et anticiper les alternances électorales. C'est maigre...

Dans une enquête d'opinion parue hier dans le Monde, 70% des français estiment que les partis sont des formes politiques dépassées et que l'autoritarisme gagne du terrain. 1/3 des français estiment que d'autres systèmes pourraient aussi bien fonctionner que la démocratie. Voilà le malheur. 32% des français qui préfèrent l'autoritarisme à la démocratie. C'est bien évidemment une traduction de la crise politique, du chômage, du repli sur soi, de la peur. Bien sûr, mais c'est aussi un formidable encouragement à faire de la politiquement autrement qu'en enlevant sa cravate. Judith a bien tranché la tête d'Holopherne, les aspirations collectives peuvent bien terrasser ces hydres vieillissantes que sont les partis.