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21/01/2017

1001 mauvaises raisons de voter à la primaire et pas une seule de bonne...

blaise_pascal.jpgDemain, je ne vois qu'une inspiration de Pascal pour sortir de chez soi : "voter à la primaire a ses raisons que la raison ignore". Pour rester chez le même auteur, il y a l'idée que ce pari n'engage à rien. Sauf qu'on sera bien vivants (enfin, faut espérer) après le 29 janvier et on s'en voudrait d'avoir contribué à faire grossir le chiffre des participants à cette mascarade électorale. 

Assurément, il faut prendre beaucoup de pincettes avec les sondages, mais quand l'ensemble d'entre eux donnent le candidat PS en 5ème position du 1er tour de la présidentielle derrière le Pen, Fillon, Macron et Mélenchon (dans des ordres très variables pour le coup, prudence de mise), on peut les croire. C'est assez logique, que le résultat de ce quinquennat soit ultra massivement rejeté. Le principal responsable du bilan de ce quinquennat a lui même pris la poudre d'escampette et regarde, guilleret, sa courbe de popularité croître depuis. C'est tout de même bien le signe que ce bilan n'est pas défendable. D'où les contorsions des candidats à la primaire pour se désolidariser d'un bilan dont ils sont quasi tous (seuls Benhamias et De Rugy n'ont pas été membres des gouvernements Ayrault ou Valls) très largement comptables.  

Valls explose le déconomètre en la matière puisqu'ils fustige sa propre politique en même temps qu'il s'en fait l'avocat. Aujourd'hui, qui peut vouloir voter pour lui ? Sincèrement, pour lui ? Personne. Enfin, Anne Gravoin, les cénacles de courtisans, les sociaux traîtres assumés et... des courants extérieurs au PS. La droite a besoin de Valls pour contenir Macron, la France Insoumise se ravirait d'avoir le principal responsable du naufrage actuel pour pouvoir cogner. Dans la même veine tactique, Macron rêve d'Hamon pour pouvoir se démarquer et rallier tous les sociaux-libéraux dont il a besoin pour dépasser Fillon et contenir la vague de Mélenchon qui menace de le dépasser. Montebourg est si inconstant (et inconsistant) que bien malin qui pourrait dire à qui il servirait vraiment, mais pas à la réconciliation avec la politique, tant les soutiens de ce dernier sont à vous désespérer de la politique : des frondeurs, des strauss khaniens, des humoristes (professionnels) des humoristes (amateurs...).

Les débats, dont ils disaient qu'ils susciteraient peut être un intérêt, ont au contraire achevé de désespérer Billancourt : Benhamias a quelques fulgurances (la Syrie, Areva) au milieu d'un océan d'attitudes WTF, De Rugy et Pinel ont suscité des transferts de honte chez la plupart des téléspectateurs (qui souffraient devant tant de naïveté), Peillon a montré qu'il était au dessus du lot intellectuellement... laquelle supériorité s'est retournée contre lui puisqu'elle traduisait une suffisance et une morgue vis à vis de ses compétiteurs, morgue d'autant plus incompréhensible que sa campagne fut mauvaise, émaillée de phrases malheureuses et de tâtonnements idéologiques permanents. Le grand vainqueur quel que soit le résultat est Hamon. Les débats ont tourné autour de ses propositions (revenu universel, cannabis) et on lui a prêté une envergure étonnante eu égard à la modestie de son bilan comme ministre. Voter Hamon, demain, c'est sans doute dire merde au PS actuel, c'est donc s'exposer à renforcer En Marche ou à minorer Mélenchon. Mais voter Hamon, est-ce voter pour Benoît Hamon ? Pour la ligne poussée par Benoît Hamon ? Qu'il soit permis d'en douter. On en revient donc au pari pascalien, lequel ne peut s'entendre que si l'on est moribond. Pour eux, je comprends qu'ils se déplacent demain vers un bureau de vote. Un dernier sursaut avant un premier tour de la présidentielle pour lequel ils pensent qu'ils ne seront plus de ce monde. Une ultime bravade. Ca, je peux l'entendre. Pour les autres, soyez sérieux : restez au chaud à lire, votre temps sera mieux employé.