Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

18/12/2021

Impasse sanitaire

Pour qui a eu des parents communistes, la capacité des minorités agissantes à tout bloquer est bien connue. Hélas, le blocage actuel n'est pas celui des centres de décisions d'une économie inhumaine, mais des hôpitaux. Et la minorité n'agit pas avec le courage de la lutte, mais la lâcheté égoïste de la non vaccination... 

Nonobostant 90% de la population adulte vaccinée, on retrouve plus de non vaccinés à l'hôpital et en réanimation que de vaccinées, alors qu'ils sont 9 fois moins nombreux. C'est la fin du débat sur l'efficacité vaccinale. Personne ne dit que le vaccin est parfait, qu'il protège de l'infection ou des formes graves. Personne ne dit qu'on peut se contenter du vaccin et ne pas faire gaffe. Mais toutes les personnes saines d'esprit disent que dans une course de vitesse et dans une embolie dangereuse des hôpitaux et surtout de ses soignant.es, ne pas se vacciner est criminel. Et 10% de non vaccinés suffisent à faire suer, vraiment... Comme l'expliquait parfaitement le virologue Etienne Decroly sur France Culture : "La circulation est majoritaire et surtout la plus forte chez les personnes non vaccinées, comme les enfants. Mais il faut reconnaître que nous avons une déception chez la capacité de la vaccination pour freiner  la circulation. De plus, l'immunité est moins forte qu'attendue d'où le besoin d'une troisième dose. Mais cela ne peut occulter le fait que la majorité des difficultés actuelles tient aux non vaccinés".

On ne compte plus les reportages accablants sur ces irresponsables. Au premier rang desquels, les authentiques crapules qui fournissent ou utilisent les quelques 110 000 faux pass sanitaires actuellement en circulation. Au deuxième rang, ceux qui font la fête et voient du monde sans être vaccinés... Il suffit de voir la situation dramatique en Ardèche, où l'on compte 7% de vacciné.es en moins par rapport à la moyenne nationale et où les hôpitaux sont plus engorgés. Et là, on atteint l'os. Les 2000 à 4000 euros promis par le ministère de la santé aux soignant.es qui renonceront à leurs vacances de Noël, le doublement du prix des heures supplémentaires montre à quel point nous sommes aux abois, désoeuvrés, dépourvus face à la situation actuelle. Les 10% de non vaccinés en sont grandement responsables. 

Tout ne peut pas passer par la vaccination, l'IGAS a rendu un rapport en juillet que le Monde s'est procuré dans lequel les conseillers disent qu'il nous manque au bas mot 1000 lits de réanimation supplémentaire. Mais ils ne seront pas prêts demain... Et en dépit d'augmentation -réelles- de salaires, l'attrait des métiers de soignant.es à l'heure actuelle est trop faible pour attirer les candidats qui manquent en pagaille. Comme les restos fermés, certains secteurs hospitaliers restent non ouverts au public, faute de bras... 

Le désastre sanitaire causé en grande partie par les non vaccinés va bien au delà du Covid. Nombre d'opérations sont sans cesse déprogrammées, repoussées chaque jour. La Ligue contre le Cancer table toujours sur 10 000 morts par an supplémentaire, faute de dépistage à temps. Le pass vaccinal c'est déjà mieux, mais eu égard aux dégâts causés par la minorité d'irresponsables, je m'étonne que la vaccination obligatoire des adultes ne soit pas sur la table. Quand je vois la sévérité et la violence (y compris physique) avec laquelle on peut traiter des grévistes, des syndicalistes, des zadistes qui se battent pour une cause altruiste, juste, de progrès, je suis estomaqué et un peu désespéré de la tolérance criminelle avec laquelle on continue à trouver que "ne pas se vacciner c'est une liberté". 

Écrire un commentaire