21/01/2010
A t-on délocalisé les crocs de boucher ?
Les infos, en ce moment...
Haïti, je n'insiste pas, il suffit de prononcer le mot pour comprendre que cette semaine quelque chose a changé dans le monde: des millions d'américains ont découvert que ce n'était pas en Afrique.... C'est incroyable le destin de cette demie-île. Que des fauchés qui n'intéressent personne, dont les gros dirigeants sont armés par les nôtres. Sur la même île, nos cadres stressés profitent des offres abordables dans les palaces de Punta Cana. Ils s'offrent une excursion en car climatisé et vont prendre quelques photos des haïtiens pour dire gravement à leurs amis, chez Costes, qu'ils ont vu la misère du monde avec, dans la voix, des accents de Safari. Alors, ils lèvent leurs mojitos en soupirant de tristesse: ça leur rappelle les apéros dans les jaccuzzis.
Proglio. Bon. Le plus consternant c'est qu'il faut être d'accord (en partie) avec Estrosi: "vous me parlez du 17ème salaire du CAC"... On prend un bouc émissaire sur lequel on s'excitera 4 jours, d'ailleurs, il a annoncé renoncer à son second salaire (j'attends de voir l'embrouille, faudrait voir à pas me prendre pour une truffe...). Mais en attendant, je n'ai pas cru entendre chez Madame Parisot et c'est petits amis Saint Geours et autres, la volonté de porter à Bruxelles l'idée d'un salaire maximum européen... Re-bon.
Et puis, le procès des 35 heures, dix ans après. Bien sûr, elles ont été mal inventées, mal fagotées, car on a menti: ça coûtait cher à mettre en place et il était impossible de maintenir les salaires au même niveau. Tout le monde ne voulait pas forcément lutter plus, mais l'idée du temps choisi pour tous (une idée du cultissime Jean-Baptiste de Foucauld) seul rempart intelligent pour lutter contre le temps partiel subi, n'était manifestement pas en cours à Solfé. Aujourd'hui on accuse les 35h de la crise, du réchauffement climatique, de la défaite de Jospin, du revirement de Besson, de l'échec aux J.O. et bientôt de la mort de Seguin... Christophe Barbier qui aime les sentences définitives dit que les 35 heures ont donné aux cadres ce que 1936 a apporté aux ouvriers. Oui, mais, quels cadres ? Aujourd'hui, toutes les boîtes sont pilotées par des armées mexicaines truffées de cadres dont on peine parfois à distinguer la différence avec les employés. Rarement le halo de précaires a été aussi gros, gagnant chaque jour un peu plus ces salauds de cadres, de fonctionnaire, de nantis quoi. Pendant ce temps là, un autre noyau se ferme aussi, mais continuant d'exploser ses profits y compris en temps de crise.
Et, alors que les régionales arrivent avec des finances publiques asphyxiées par les conneries des banques, que voient-on dans les programmes de "gauche". Bah rien, aucun relèvement de l'impôt sur les sociétés qui est aujourd'hui à 10% quand il atteignait 50 % en 1960, rien pour compenser la taxe professionnelle, pas de taxe sur les bonus, les stocks options, les retraites chapeaux, les golden hellos....
Alors, Pierre Moscovici a déclaré (c'est VRAI) "Matthieu Pigasse a tout pour faire un excellent candidat: il est jeune, brillant et rebelle". Jeune, je dis pas, rebelle il dirige les Inrocks qui est le journal le plus conformiste dans la subversion qui existe (vive Stéphane Guillon, Romain Duris et Grand Corps Malade, fuck Finkielkraut... whaouh) et la banque Lazard. Moi je dis, debout la gauche...
Allez, demain on relira cette hilarante interview dans un journal italien ou l'ineffable BHL prend la défense de Benoît XVI "victime de campagne de désinformation à propos du passé de Pie XII"... Bernard, tu veux pas aller à Haïti un an ou deux ?
19:23 | Lien permanent | Commentaires (6)
Message à caractère informatif....
La science et la science seule permet à l'homme de progresser chaque jour car c'est en réfléchissant de façon scientifique que les responsables d'Holliday Inn propose désormais un service "bouillote humaine", pour lequel des employés de l'hôtel viennent chauffer votre lit pour que vous vous sentiez au chaud quand vous vous glissez sous les draps. Je trouve ça évidemment consternant et abaissant et dégradant, on m'opposera qu'avec la crise, il y a pas de sot métiers... Bref, on en sortira pas indemne de cette querelle mais au moins, les employés sont payés l'hôtelier gagne de l'argent et le client est content.
En revanche, le propre de la science c'est d'être parfois gratuite, on expérimente pour voir. Dans ce domaine, l'imagination est parfois sans limite et sans borne dans la limite où on peut enfoncer celles de la connerie très très allègrement. C'est ce qui vient d'être une nouvelle fois réalisée par cinq (l'union fait la force...) radios francophones qui vont enfermés pendant cinq jours, cinq (le chiffre magique) journalistes en les privant de tous moyens d'accès à l'info sauf facebook et Twitter...
Interdictions des médias traditionnels plus des dépêches d'agence, seulement les liens sur ces deux réseaux sociaux mais qui ne doivent pas mener vers des sites d'infos... Comme toujours quand on est face à un truc aussi con, il y a quelques hauts défenseurs de la pensée par l'expérimentation qui trouvent ça génial au principe que ça permettra de savoir comment les réseaux sociaux nous informent. Les journalistes de Libé ont fait le test une journée et OH énorme surprise, ils ont eu deux bribes sur Haïti, le salaire horaire de Proglio et trois conneries... Pour info, la Croix sort ce matin son traditionnel barômètre qui place la radio comme médium le plus crédible...
Cette expérience me fait penser aux savants qui coupe les pattes d'une puce, lui dit "saute" et comme elle ne le fait plus alors qu'elle bondissait auparavant, il note sur son carnet "quand on coupe les pattes de la puce, elle devient sourde"... Car sérieusement, quel que soit le résultat qui ressorte de ce gîte -je parle du résultat scientifique, parce qu'une nana et quatre mecs à cran sans info et sans boutique pendant 5 jours dans le Périgord, il en faudrait pas beaucoup plus pour faire un petit frère à Francis Heaulme- qu'est ce que vous voulez que ça nous foute ? Si la presse traverser une crise sans précédent, qu'elle s'oppose pour savoir s'il faut aider et financer la presse en ligne, bref que l'on se pose la question, pour une fois du contenu, ce n'est pas avec ce genre de Huis Clos qu'on l'obtiendra.
Demain, c'est la St Vincent et nous ne retournerons pas voir Doisneau car Doisneau sans humain dans ses clichés, c'est comme Jaligny sans Fallet, beau mais un peu triste, il manque quelque chose, quoi.
09:55 | Lien permanent | Commentaires (4)


