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08/09/2010

Tout est-il politique ?

revolution-de-1830---combat-devant-l--hotel-de-ville---28.07.1830.jpgUn bon influenceur ne ferait jamais un titre comme ça, mais niveau influence on da web, j'ai des leçons à prendre... La politique effraie, ennuie de plus en plus de monde, donc en termes d'audimat, la catastrophe se profile. Dans l'autre main, comme disent les saxons, le politique est omniprésent: c'est le retour du politique. Disent les hebdos. D'ou la question: tout est-il politique ?

En vacances cet été en Roumanie et en Bulgarie, j'ai pu voir que la chute de l'idéologie communiste n'est remplacée par rien et que eux, la politique hein ils s'en foutent comme de leur premier charter... Aux Etats-Unis, je ne parle ni de New-York ni de la Californie, les Etats-Unis quoi, je me souviens que la politique non plus, que pouic, ça passe en spot de pub entre Taco Bell et Ralph Lauren... Pour autant, en vacances en février dernier au Brésil, là ça se tirait dans les pattes entre jeunes pour tout politiser: transports, santé, éducation, logement, cet air frais qui permet de croire qu'on va changer le monde.... Sans doute le Brésil dans vingt ans, considérablement développé, se dépolitisera, triste lot qui veut que l'accès d'une bonne partie du pays à la classe moyenne coupe les griffes politiques d'un pays.

En revanche, l'art est-il politique ? Dans les bouquins de Robert Littel (le père de l'autre) Mandelstam se sait menacé pour un vers narquois envers Staline. Je n'envies pas forcément Soljenistyne mais j'ai un peu la "saudade" de cette époque où le pouvoir avait face à lui Sartre, aujourd'hui remplacé par Yannick Noah: ce dernier a dit hier soir, "je paye mes impôts parce que je veux ouvrir ma gueule et aller à la baston". Il est sympa Noah, il paye ses impôts, il engueule ses potes qui s'exilent et il ne veut pas être ministre. Mais bon, est-ce une raison pour lui parler de son engagement ? Est-ce qu'on parle de son revers à deux mains à Régis Debray et de sa volée à Caroline Fourest ? 

En ce moment, je lis "pour une nouvelle culture", recueil de texte de Nizan, période 100% rouge et montée du brunisme (pas Carla). Le livre est désespérant. Nizan écrit toujours divinement bien, a une acuité de jugement littéraire sans pareil, mais partout il traque le bourgeois comme ennemi de la littérature... Sa tendresse va donc à Gide, Aragon et autres Drieu (mais pas longtemps) alors qu'il s'énerve contre Céline et d'autres. Je ne comprends pas cet acharnement à ne juger que par les moeurs: Chardonne m'emmerde parce que c'est chiant, sa bourgeoisie je m'en carre. Proust aussi était bourgeois, et après avoir tout lu de lui, je relirai parce que bon, hein, ça m'empêchera de lire les nouveaux Houellebecq....

Mais, le commentaire sur Nizan me ramène à une époque où l'on ne pouvait connaître des contingences amicales ou licencieuses qu'avec des gens du même côté des barricades (des deux côtés, ça existe mais i faut être souple; cf fiche 46 du Kama-Sutra)... Et si j'imagine peut convoler avec une thuriféraire de Frédéric Lefevbre, je reste dubitatif pour le reste. Pire, si je devais structurer un jour castor consulting, voudrais-je d'un procrastinateur comme moi pour associé ? Non, sans doute pas, un strauss-khanien me mettrait plus sûrement à l'abris du besoin.

C'était la rubrique bloguons sous la pluie, pendant que les trottoirs sèchent pour accueillir le round 2, car hier c'était qu'une début (et voilà, la politique revient déjà).

Demain, nous nous demanderons avec Rabbi Moishe si la vie elle est une flèche...