10/09/2010
Le Monstre nous fait les yeux doux...
Précisons d'entrée, sans ambage : attention Grand Livre. Catégorie "invitation à la réflexion et à l'action".
"Le monstre doux, l'occident vire t'il à droite?" du linguiste italien Rafaele Simone (Gallimard le Débat, sortie le 16 septembre), c'est du brutal, du lourd. Pas la lourdeur du pavé qui décompose, qui recompose et prend le temps de s'interroger, juste 180 pages d'un accablant constat : aujourd'hui, la droite est in et la gauche out, dans le monde.
L'auteur ne cache pas sa sympathie pour le camp du progrès, mais comme Lucchini pense "que c'est beaucoup plus dur d'être de gauche, c'est un projet compliqué". Mais il ne s'arrête pas là et en tire une théorie de la "naturalité de la droite dans le monde" en 5 points, que la gauche contrarierait à chaque fois au prix de gros efforts:
1: Postulat de supériorité auquel la gauche rétorque, égalité.
2: Postulat de propriété, auquel la gauche oppose redistribution.
3: Postulat de liberté que la gauche restreint par l'intérêt public.
4: Postulat de non-intrustion dans les affaires privées que la gauche casse par l'intérêt général qui le justifie (tristement d'actualité)
5/ Postulat de la supériorité du privé sur le public que la gauche doit ignorer et conspuer superbement.
Tous ces efforts pour lutter contre un naturel sont mis à mal en ce moment. Il faut lutter contre l'impossible référence passée, sans cesse ramenée vers les excès policiers des régimes communistes. Il faut aussi se battre contre la médicratie qui encense le consumérisme et la satisfaction immédiate: le projet de gauche n'est pas médiatisable et la santé ou l'éducation moins rêvant que les voitures de luxe.
A la fin, l'auteur abat ces cartes, sa résignation n'est que de façade, il appelle bien sûr à une insurrection des consciences pour lutter contre un double glissement à droite: une droite de plus en plus décomplexée et populiste qui entraîne la gauche vers un modèle proprement anti-social incarné par Blair, DSK pour les grands, ou Moscovici, pour les amateurs de petits marquis...
En refermant le livre, on est un peu ennuyer, ne sachant par où commencer et quelle carte prendre (s'il le faut ?) mais on se dit qu'on va y aller. Ca ne peut pas nous mener pire qu'aujourd'hui de toute façon.
Demain, nous irons voir si Besson, Lelouche et Hortefeux se rendront à la fête de l'Huma....
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