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03/09/2016

Partis d'un jour, sans retour

317_001.jpg1% de Français ont une carte dans un parti politique. C'est peu... Au-delà de cela, et à mon sens pire encore, seuls 8% des français ont une bonne opinion des partis politiques. Là, c'est le drame. Les partis, tous, sans exception, sont des astres morts. La tendance n'est pas hexagonale : aux Etats-Unis, si le Parti Républicain existait encore en tant qu'entité politique avec une colonne vertébrale idéologique et des équipes soudées, jamais Trump n'aurait fait l'embryon de la percée qu'il a commise. En Angleterre, cela tient un peu mieux, en Espagne de nouvelles formations intéressantes (Podemos, Ciudadanos) émergent. Chez nous, Walou en termes collectifs, mais une pléiade d'égos auto propulsés vers l'Elysée.

La présidentielle 2017 va mettre en lumière l'accélération de la transformation : Mélenchon parti sans attendre le PCF ou le Front de Gauche, Macron qui outrepasse le PS et Montebourg qui pourrait griller lui aussi politesse à la formation à laquelle il appartient depuis 20 ans. Ce week-end, Marine le Pen organise sa rentrée politique autour de son prénom et de son nombril en mettant le Front National sous l'éteignoir. Les étendards collectifs effrayent, pour vivre heureux, vivons solos... 

Cette nouvelle tendance est très largement alimentée par le récit médiatique qui se fascine beaucoup plus facilement pour de nouveaux visages que pour des histoires de courants idéologiques qui fatiguent les lecteurs. Les querelles suscitées par ces ambitions sont commentées également avec gourmandise "dans l'entourage de ... on moque la sortie de ...". On ne s'ennuie jamais à commenter le tiercé... Au point que nos amis exégètes du présent arrivent vraiment à dire des énormités comme "Macron pourrait tout changer". 

Le hic, énorme, l'éléphant dans la pièce comme dirait nos amis anglo saxons, ce sont les législatives. Là, à l'évidence, tous les candidats alternatifs n'ont strictement aucune chance de faire triompher leurs idées avec leurs troupes. La pesanteur, l'inertie d'un scrutin uninominal à deux tours condamne tous ce qui ne relève pas du PS ou de LR. Même le FN et ses 25 à 30% des électeurs, première force politique du pays, ne peut gère espérer plus que quelques dizaines (et encore) de députés en comptant sur une atomisation complète du paysage politique du pays. D'un point de vue purement démocratique, ça gratte... Le sémillant Macron, en imaginant (personnellement, j'ai du mal, mais prêtons nous au jeu) qu'il devienne président devra composer avec la droite ou la gauche pour avoir une majorité à la chambre, faute de quoi, il aura les mêmes pouvoirs que Chirac de 1997 à 2002. Pas vraiment suffisant pour radicalement changer la donne... 

Impossible d'ignorer cette cruelle réalité arithmétique qu'en l'état actuel de nos institutions, aucune réelle alternative ne peut survenir hors des partis traditionnels... Certes, ils ne pèsent que 1% des électeurs, mais ils concentrent 99% de la capacité de blocage. Pourtant, comme à chaque fois, les commentateurs en parlent en dernier recours et sous la contrainte. Dans une émission de C dans l'air consacré au dégoût des partis, il faut une question de téléspectateur pour qu'ils se décident à en parler, à la toute fin de l'émission et euphémisent cette question pourtant absolument majeure. Cela ne rentre pas dans le récit "d'uberisation de la vie politique" de "grand chambardement à venir' tellement plus vendeur. On peut le comprendre, la réalité est que notre vie politique est complètement verrouillée par notre Vème et que sans une décision mêlant lucidité, sens aigu de l'intérêt général et souci des générations futures de la part du PS et de LR, il ne peut y avoir d'échappatoire. Cessons de feindre l'ignorance et faisons de l'enjeu institutionnel un des débats principaux de la prochaine élection. 

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