28/01/2017
Les boules puantes n'existent pas
Pour désigner les affaires de Pénélope Fillon, collaboratrice parlementaire la mieux payée de l'Assemblée et chroniqueuse littéraire la mieux payée de l'univers, nombre de commentateurs emploient l'expression "boules puantes". Idem pour les révélations dans un livre dispensable selon lesquelles Emmanuel Macron ministre aurait abusé des frais de bouches de Bercy pour favoriser Emmanuel Macron candidat. Comme jamais deux sans trois, on va voir ressurgir l'affaire des assistants parlementaires européens du Front National qui travaillent sans relâche pour la campagne présidentielle de Marine le Pen et jamais au moindre dossier concernant l'Europe.
Une fois l'expression lâchée, vient le temps du soupçon et même celui de la question ultime : qui se cache derrière ces horribles révélations ? Le fait est que, dans 99%, lesdites révélations ne sont pas contredites par la suite. Il ne s'agit pas toujours d'entraves à la loi, d'où l'absence de condamnations, mais en tout état de cause, de graves manquements à la morale. On est donc en droit de concentrer uniquement notre attention là dessus : que cela vienne d'un lanceur d'alerte, d'un collaborateur échaudé, d'un amant éconduit ou d'un pervers ne change rien au fond de l'affaire, ce sont les faits qui puent.
On le sait "mal nommer les choses c'est ajouter au malheur du monde" (Camus) et en l'espèce on euphémise des pratiques complètement inacceptables en se disant que cela fait partie des campagnes électorales. Que ce genre d'affaires sortent davantage au moment des élections est une certitude et donc la volonté de nuire relève de l'évidence. Mais ce qui abîme la politique ce ne sont pas les manoeuvres ourdies, mais les pratiques impunies. Point barre.
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