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13/10/2021

Banalisation de l'emploi du pluriel pour extrémismes

Ce matin, je suis tombé incidemment sur une interview de Christophe Barbier pour son nouveau média, Franc Tireur, dont le but est de "faire triompher la raison contre les extrémismes" et Barbier d'enchaîner "nous sommes en lutte, contre Marine Le Pen, contre Mélenchon, contre Zemmour, contre Sandrine Rousseau"...

Ça n'est à la fois pas neuf et différent. Jadis, Alain Minc et Hubert Védrine parlaient déjà du "cercle de la raison" pour désigner des propos politiquement acceptables, allant de la droite de la gauche à la droite tout court. Nombre de débats n'accueillaient que des personnalités issues de ces pôles, "L'esprit public" version Philippe Meyer sur France Culture en étant l'incarnation la plus absolue. Mais même chez eux, on distinguait les choses. On parlait des dérives insupportables de l'extrême-droite en des termes accablants, rappelant le danger qu'ils font peser pour la démocratie, la justice, la liberté d'expression, l'inégalité de traitement pour des millions de personnes... Alors, l'extrême-gauche, c'était la LCR et LO et on ne les disqualifiait pas plus que "ils sont un peu utopistes, ça ne marchera jamais, mais qui peut être contre le partage et la justice ?". Vision évidemment biaisée, mais à tout prendre aujourd'hui, je la prendrai volontiers.

Les propos de Barbier n'ont rien d'anodin, ils sont repris de plus en plus largement par des éditocrates et des ir-responsables politiques qui mettent dos à dos l'extrême droite la plus folle (Zemmour et sa remigration) avec Sandrine Rousseau. A propos de cette dernière, on voit à quel point la forme l'emporte sur le fond. A lire les propositions de Zemmour et Le Pen, on se pince, on hurle et on s'indigne. A contrario, la radicale de la primaire c'était Delphine Batho avec une décroissance forte. Mais Rousseau ? Sur le ton, elle parlait dru et exprimait une salutaire colère contre un ordre dominant, mais où était les mesures "radicales" ? La réduction du temps de travail, OK, mais il n'y avait pas de Guantanamo pour les maris violents, faut arrêter la fantasmagorie... 

J'espère que ceux qui sont taxés "d'extrémistes" parviendront à se sortir de cette pince de crabe, précisément, avec les armes de la raison, que revendiquent Barbier. Le programme de Mélenchon, aujourd'hui, serait jugé "social traître" par l'alliance socialo-communiste de 1981 : c'est l'explosion des inégalités et de la précarité, le recul des services publics et de la biodiversité qui furent radicales, depuis quatre décennies. Espérons qu'on puisse remettre la charrue programmatique avant les boeufs de commentateurs. 

Commentaires

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-Je n'ai de commun avec la femme Rousseau célébrée par Castor qu'une homonymie dont je ne suis en rien responsable .

Occasion pour moi de vous donner de mes nouvelles: j'oeuvre toujours à SOS - Racines , département enfants des écoles .

La mairie nous a proposé de participer à la campagne de la dame Hidalgo qui manque un peu de vert mais , tous unis derrière notre syndicat unique et unitaire , nous avons décliné , la prime offerte étant selon nous trop faible pour un horaire de travail (22 h -semaine )qui ne serait en rien allégé en cas d'acceptation.

Écrit par : Jean-Jacques | 18/10/2021

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"les armes de la raison, que revendiquent Barbier"

Une faute d' accord que n'aurait pas manqué de pointer le regretté Pépé Castor ,notre expert en grammaire , Barbier étant , à l'évidence , un personnage singulier .

Écrit par : 20 100 | 18/10/2021

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