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24/04/2022

Pas mal du tout

Pour ne plus y penser, pour ne pas attendre lâchement des estimations et de savoir si les autres y sont allés, j'ai voté dès potron-minet. J'ai croisé ma voisine qui, connaissant mes opinions m'a demandé "ça t'as pas fait trop mal ?". Et étonnamment, non. Mais alors pas du tout. Voter Chirac en 2002, m'avait fait mal. Au premier tour j'avais voté Besancenot pour dire à Jospin qu'un type reconnaissant lui même que son programme n'était pas socialiste ne méritait pas de soutien. Alors "le bruit et l'odeur", les affaires, les HLM, merci... En 2017, ça m'a fait chier, mais déjà moins mal, je votais de façon principielle. Et ce matin, rien. Je dois cet apaisement à un ami très très très à gauche qui m'a dit deux jours avant le premier tour "j'y crois vraiment pour Méluche, mais si ça n'est pas le cas, je voterai sans état d'âme. Le vote est un acte politique faible".

Cette phrase trotte en moi, depuis. Et il a raison. Le vote ne dit rien, puisqu'il n'est ni commenté ni motivé. Il y a 1000 nuances pour lesquelles on votera aujourd'hui, moi en l'occurence ça serait quelque chose comme "je le hais, j'ai envie de lui éclater son sourire à coups de talons, je vomis son bilan et pleure du sang face à son programme, mais nous sommes bloqués par nos institutions, alors en attendant, je vote pour ce qui nous empêche le fascisme", mais j'ai juste glissé le bulletin sans rien écrire. Je conseille évidemment aux électeur.ices de Le Pen d'écrire un petit quelque chose sur le leur, un coeur ou leur numéro de portable. Un bulletin, 10 minutes attente comprise et on n'en parle plus. Bon deal pour empêcher le fascisme. C'est peu coûteux comparé à des heures et des heures à manifester, parfois sous la pluie, souvent sous les lacrymos voire pire pour s'opposer à des réformes anti sociales. c'est peu coûteux comparé à des grèves si légitimes tant nombre de services publics se délabrent, tant nombre d'entreprises ne partagent pas justement leurs profits.... Ça, ce sont des actes exigeants, dur, estimable et je comprends celles et ceux qui se résignent à ne plus y aller. Mais à ceux qui prétendent que glisser un bulletin avec ce nom est trop dur, je vous jure que c'est des vacances comparé à la vie sous le fascisme. Pour nous, pour celles et ceux qu'on aime, pour nos enfants, allons y en masse. 

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