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21/07/2022

Décélération ou barbarie

Il y a quelques années, Reed Hastings, le patron de Netflix, affirmait goguenard "je n'ai qu'un concurrent : le sommeil".  Cette citation je l'ai découverte dans un livre majeur de Johnatan Crary, "24/7. Le capitalisme à l'assaut du sommeil". Et au fond, alors que nos politiques s'éveillent enfin, le pistolet sur la tempe, à l'impérieuse sobriété, on se dit que le plus indolore avant d'aborder les choix qui fâchent, c'est de décélérer. D'interdire les iconiques "7/11" et autres magasins ouverts beaucoup trop tôt, fermés beaucoup trop tard, toutes lumières, clim ou chauffage à fond. Ce pour des miettes de ce qu'ils appellent "croissance", et encore, à condition de sous payer les femmes et les hommes qui turbinent à l'heure du laitier et à celle des ivrognes. 

Nous nous rendons même plus compte de l'indécence de ces "services" en continu, tant le "bénéfice consommateur" est devenu plus qu'un mantra, un dogme. Feu sur les hérétiques qui osent contester les bienfaits des livraisons nocturnes, de l'ouverture généralisée le dimanche.... Dans une émission de Quotidien, il y a peu, Yann Barthès et ses chroniqueurs, hilares, de se moquer des villes où il fait nuit à 22h. Ces villes sont pourtant pionnières en matière de sobriété. On ne parle d'éteindre des rues réellement passantes, l'éclairage urbain reste un progrès et il faut être un homme pour ne pas comprendre ce que l'obscurité relative des gares et des quais peut avoir d'angoissant. Bien sûr. Il n'empêche. Emmanuel Macron ayant réanimé le Commissariat au plan, ce dernier a là une excellente feuille de route à fournir : décélération, qui, quand, comment ? Et l'on verra qu'enlever tout le superfétatoire, les besoins artificiels dont parle Razmig Keucheyan, c'est autrement plus efficace que "des petits gestes".  

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