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05/05/2018

A quand un référendum chez Carrefour ?

C'est bien connu, les révolutions tombent souvent sur le mauvais gars. Louis XVI était un brave gars comparé à ce furoncle de Louis XV... Hier, donc c'est Jean-Marc Janaillac qui a du démissionner pour la situation chez Air France héritée de l'autre taré autocrate et esclavagiste d'Alexandre de Juniac. Je n'aurais pas fait de Janaillac le phare avancée de la reconquête sociale en France, mais de tous les grands patrons qu'il m'ait été donné de cotoyer, c'est sans conteste l'un de ceux qui a la fibre sociale la plus avancée. D'où le fait que je ne vois pas le résultat d'hier comme un triomphe populaire premier. Bien sûr, l'ineptie de la crise actuelle est symbolisée par le fait que la direction aurait perdu moins d'argent à céder aux revendications des syndicats plutôt que d'essuyer un conflit dont les grèves ont plus coûté à l'entreprise... Après, plus de 55% de NON à 80% de participation, c'est sans appel. Et ça veut dire qu'un certain nombre de cadres ont voté contre leur direction. Sans doute pas la majorité d'entre eux et encore moins le COMEX, mais nombre de cadres quand même. Ca interpelle...

Pourtant, ce référendum chez Air France interpelle en ce qu'il dit des colères à la base des entreprises. Voilà sans doute une des entreprises les plus justes de France en termes de ratio conditions des travailleurs / conditions des actionnaires, une des entreprises les moins violentes socialement, les moins mondialistes, et bim le mur. La cruauté des chiffres condamnait la démarche de la direction : après des années de gel de salaire, des augmentations trop chiches face à des centaines de millions de profits ne passait pas. 

Mais ces chiffres sont billevesées par rapport à Carrefour, qui empoche 800 millions au nom du CICE, où les actionnaires se gobergent, et où on licencie à tour de bras, et parfois pour faute grave comme "avoir récupéré des coupons à la caisse"... Cette société est une honte du droit social, le plan de Bompard se torche avec un siècle de conquêtes sociales. Si un référendum sur la justesse de son plan pouvait se dérouler dans le calme, il prendrait 90% de NON et sa démission, pour le coup, me ravirait. Mais le référendum n'aura pas lieu. Pas plus que le droit à l'opposition pour les syndicats. Comme chez Amazon, où l'on puce désormais les employés, flique leur pause toilettes... Amazon qui encourage le dumping fiscal pour implanter son siège social aux Etats-Unis, incarnant ce paradoxe où ils demandent aux villes des logements abordables, un bon réseau de transports en communs, d'école et d'établissements de santé, tout en refusant eux mêmes de s'acquitter de leurs impôts... Si on sondait les employés et les parties prenantes (clients) d'Amazon par référendum, il devrait rendre et partager l'argent. Mais ça n'arrivera pas, il continuera à manager par la peur et le chantage, le racket soft, l'horreur à tous les étages. 

Politiquement, les 5 millions de fonctionnaires humiliés depuis des années, méprisés socialement à qui on conteste un jour de carence, dont on gèle les années depuis si longtemps qu'on peut commencer à parler d'ère glaciaire et qu'on menace maintenant d'alignement par le bas de leur retraite, s'ils pouvaient voter sur la justesse de ces mesures, que dirait-il ? Evidemment, ils éjecteraient Darmanin, et ils auraient raison. 

Hier, la colère n'est pas tombée sur le plus mauvais, loin s'en faut : mais cela doit nous interroger tous sur la voie à suivre. Les pétitions avec des centaines de milliers de signataires qui restent lettre mortes montre les limites de nos consultations actuelles. La loi Pacte de fin d'année sur les entreprises à mission ne prévoit rien pour la prise de parole et de pouvoir des salariés. C'est une funeste erreur. L'avenir est sans doute dans l'imposition aux actionnaires de ce genre de consultations car quand on pense à Carrefour, la peur doit changer de camp. 

 

 

 

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