Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

13/01/2021

Elon Musk, l'Algérie et le Qatar

L'Algérie et ses 43 millions d'habitants, ses puits de gaz et de pétrole ont un PIB de 180 milliards $. Le Qatar, et ses 2,8 millions d'habitants (j'imagine que les esclaves des chantiers de stade de foot ne sont pas comptabilisés) et ses gigantesques réserves pétrolières, ont un PIB de 192 milliards $. Elon Musk tout seul a donc une fortune légèrement supérieur à l'Algérie, tout juste en dessous du Qatar. 

Lors de la publication du dernier classement Forbes, sorte de Dadzibao néolibéral, Elon Musk détrône Jeff Bezos. Plus personne ne prend pas la peine de pester contre le concept de milliardaire, c'est has been. On préfère commenter le PMU (patrimoine mondial usurpé) en espérant que Bernard Arnault, casaque jaune, parvienne à remonter son retard et devienne l'homme le plus riche du monde, ce qui aurait de la gueule pour une grande nation déchue. 

Au fond, quarantaine années de dérégulation et d'explosions des fortunes des milliardaires, fortunes express reposant sur le pillage des ressources naturelles, le dumping social et la fraude fiscale, ont fini par nous mithridatiser à l'indécence. Quarantaine années de propagande en faveur des "entrepreneurs" qui "prennent des risques" et "créent de la richesse" font que l'on interroge plus les chiffres, les ordres de grandeur. Il gagne 10 fois plus que ses salarié.es ? Il les vaut ! 100 fois plus ? C'est le marché ! 10 000 fois plus ? C'est le meilleur !

Parfois, quand même, une voix très médiatique arrive à rappeler les chiffres et dire qu'il faut se détendre d'urgence et reprendre ce qu'ils ont volé pour le rendre aux États. Qu'on ne peut plus avoir des types assis sur de tels stocks quand les hôpitaux et les écoles manquent cruellement... Ainsi, quand Thomas Piketty venait défendre les thèses d’un partage plus juste au micro de France Inter, Léa Salamé lui rétorqua : « Finalement, vous voulez éradiquer les riches, c’est cela ? N’est-ce pas un peu une idéologie liberticide?»  

La propagande des nababs n'a pas de limite. Pour Musk, on nous dit que l'homme aux 190 milliards "ne possède rien", ni maison ni rien, il ne rêve que de mars. Un gosse, quoi ! Tu parles... La fortune de Musk repose sur la bulle de valorisation de Tesla, qui vaut plus que les 8 plus gros constructeurs au monde, alors qu'il se vend fort peu de Tesla, qui restent hors de prix. Le truc le plus rentable, c'est les crédits CO2, qui leur ont permis de gagner 3 milliards depuis 2012. On ne prête qu'aux riches, y compris des intentions écologiques. Mais Tesla reste l'histoire la mieux empaquetée récemment : pas de cerveaux réduits par les écrans, pas de flicage de nos vies intimes, non, la voiture rêvée au XXème siècle et qui ne polluerait pas (on reparlera de ses batteries une autre fois, pour ne pas gâcher la fête). Avec cette histoire, il a bâti une fortune valant celle de l'Algérie.

Les autres nababs possèdent, eux, ils ont la dépense ostentatoire. Quand Bezos a divorcé, il s'est acheté un château à Los Angeles pour 165 millions $. Un montant suffisant pour loger pour des années des dizaines de milliers de SDF, mais non, un château. Xavier Niel, quand il promène des invités en voiture, aime à montrer des immeubles à Paris en disant "ça m'appartient". Comme des sales gosses du Monopoly. Contrairement au célèbre jeu de société, ils ne vont pas en prison sans passer par la case départ et ses 20 000 francs, il vont à la case milliards de dollars sans jamais passer par la case prison.

Le seul pays qui a su mettre un milliardaire vraiment à l'arrêt, c'est la Chine qui apprend à Jack Ma à ne pas se moquer du régime quelque part loin des écrans radars. Je n'irai pas pleurer sur son sort, je garde mes larmes pour les 3 millions de Ouighours enfermés, stérilisés, violées, esclavagisés. Pour faire disparaître les milliardaires, on peut se contenter de faire disparaître leurs excès et de les rendre aux pots communs. 

 

Écrire un commentaire