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20/06/2022

Regarder en arrière pour mieux repartir de l'avant

Bien sûr, c'est moins que prévu. L'élan s'est stoppé, il n'y a pas 200 député.es de la NUPES et surtout, il y en a 90 du RN. On ne doit pas, on ne peut pas se réjouir alors que le plus grand contingent de fachos arrivent à l'Assemblée, sans magouille, sans même la proportionnelle, mais en remportant 50% de leurs duels, preuve irréfragable que le barrage républicain a vécu et que son fossoyeur s'appelle Emmanuel Macron. 

Évidemment qu'hier ça n'est pas une victoire, mais ça n'est pas une défaite. Il n'y a qu'un camp perdant, hier, c'est la Macronie qui ajoute à la défaite de ses caciques, de ses ministres, le déshonneur de faire rentrer le RN en grand en ayant refusé de les distinguer de la NUPES. On eut aimé que ça fut plus rude, que des crapules comme Stanislas Guérini ou Gilles le Gendre perdent également, mais bon, il y a moult scalps et 1 ou 2 de plus n'auraient pas changé la donne. 

Mais au 20 juin 2022, nous n'avons pas le droit d'être tristes pour la gauche et pour sourire, il suffit de se retourner, non pas cinq ans mais seulement six mois en arrière. À Noël dernier, nombre d'électeur.ices de gauche baissaient la tête, pensaient s'abstenir, pas une figure n'émargeait à 10% et il semblait inévitable qu'à l'Assemblée Nationale, il y aurait un nombre de député.es à deux chiffres. Nous étions laminés, enfoncés, donnés cliniquement morts. Il y a six mois seulement chaque parti s'enfonçait dans les eaux glacées des défaites électorales, allait vers la banqueroute militante et financière sans dévier de cap. Nous allions vers un cataclysme à l'italienne où il n'y a plus guère que Nanni Moretti pour croire à une résurgence de la gauche. Et le cataclysme a été évité. Quoi qu'on pense du personnage dont on met trop en avant le côté repoussoir, Mélenchon fut le catalyseur, le capitaine du paquebot qui évita le nauffrage. Il a réussi une campagne présidentielle emballante et un formidable coup tactique en vue des législatives qui a le mérite de n'humilier personne, à gauche. Les écolos, les socialistes, les communistes ont des députés. Beaucoup moins que les Insoumis.es, mais par rapport à 2017, qui irait se plaindre ? Les écolos en avait zéro, et ils font rentrer leurs troupes, les socialistes sauvent leur boutique aussi, tout va bien, pas le moment de se plaindre.

Merci pour tout, Jean-Luc. J'espère juste que quand tu disais hier que tu "changeais de poste de combat" ça n'est pas pour devenir Général qui envoie les caporaux à la boucherie parlementaire, mais bien pour cesser d'être Luke Skywalker et accepter l'âge de tes artères en devenant maître Yoda qui forme la relève. Quand on regarde en arrière, on ne peut que saluer ta maestria, quand on regarde devant, on voit bien que ça ne peut pas être toi qui ouvre la route.

Cette Assemblée élue est, littéralement, intenable. Sur tous les textes, la Macronie va sentir le vent du boulet. En prenant toutes les forces d'Ensemble, il leur manque près de 50 député.es pour avoir la majorité sur un texte et il est peu probable qu'ils en trouvent autant chez LR. En 2027, Macron ne pourra pas se représenter et là-bas, des Wauquiez, voire des Ciotti croient en leurs étoiles qui leur impose d'être des opposants bêtes et méchants dès aujourd'hui. Donc ça ne tiendra pas. Pas cinq ans, pas avec des 49-3 limités à un par an. Il y aura un nouveau Badaboum. Et si jamais Macron est contraint à la dissolution, alors il faudra être prêt. Car cette fois là, il n'y aura pas 54% d'abstention. Et les électeur.ices jugeront sur pièce du travail et des propositions parlementaires faites entre temps. Et à ce jeu là, là NUPES n'est pas la plus mal placée, loin s'en faut. 

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