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17/06/2022

Projections, pièges à cons

Depuis la semaine dernière, en dépit du bon sens, les médias continuent à commenter en boucle des projections en siège comme s'il s'agissait de sondages. Ces derniers, bien qu'imparfaits, bien qu'avec une marge d'erreur, se plantent sur les scores, pas les tendances. Ils avaient le second tour de la présidentielle, le 3eme, peu ou prou le score de Jadot, Roussel ou Hidalgo, ils ont juste manqué l'étendue de la gamelle de Pécresse et de Zemmour. Mais les projections, ce sont 577 élections, pour lesquelles on a que très peu de sondages, faute d'intérêt et de moyens. D'où les gigantesques plantades que donnent cet outil qui n'ont en commun que les instituts qui les proposent.

Ainsi, en 2017, LREM a perdu près de cent sièges entre ce qu'on disait au soir du premier tour et avec les résultats effectifs du second tour : on leur annonçait 410 à 455 député.es, ils ont fini à 349... Cent sièges ! Près de 20% de l'Assemblée. Interrogé les sondeurs vous diront "oui, bon, enfin, y a une majorité Macron, quoi"... 

La réalité, c'est que sur 577 élections, plusieurs centaines d'entre elles vont se jouer dans la marge d'erreur des sondages, de 3 points. Une des plus emblématiques de ce second tour, entre Guedj et Montchalin, donne le premier vainqueur à 51 contre 49. Cela va se jouer dans les marges, dans les interstices, à 1% près. Et 1% dans une circo où moins de 50% personnes votent, ça fait quelques centaines de voix... 

Dans 3h la campagne pour les législatives s'arrêtent et c'est la seule certitude que nous ayons avant dimanche 20h. L'histoire de ce pays appartient à celles et ceux qui voteront dimanche. L'abstention ne fera reculer ni le dérèglement climatique, ni les inégalités, ni la casse des services publics. A bon.nes électeur.ices. 

14/06/2022

Quand l'idiot commente la météo, le sage pour le climat

Ça n'est pas l'élimination très probable d'Amélie de Montchalin qui menace la transition écologique à la Macron, mais l'inventaire du premier quinquennat. En 2019, Macron a présenté une feuille de route pour la transition énergétique en repoussant les obligations de 2025 à… 2035. Deux ans d’inaction, dix ans de prolongation ! Si les libéraux croyaient en la science, ils auraient renforcé les objectifs fixés pour 2025 par Ségolène Royal et déjà peu ambitieux, à des années lumières des feuilles de routes prises par les exécutifs scandinaves actuellement. Les macronistes sont des climatosceptiques socialement plus acceptés et pourtant le macronisme environnemental est, de loin, le plus inacceptable.

L'entre deux tours nous "offre" une canicule plus précoce que toutes celles observées depuis que Météo France mesure. Ça n'est évidemment pas le fait du pouvoir en place et le climat est un phénomène mondial, tant que le charbon s'extraira partout en Europe comme réponse à l'invasion de l'Ukraine, des vagues de chaleurs, de gel, des tempêtes et autres joyeusetés secoueront la planète. Il est évident que l'on ne se sauvera pas seul, mais ça n'est surtout pas une raison pour ne pas agir. Les macronistes n'aiment rien tant que maquiller leur inaction climatique (pour lequel ils ont été condamné par le Tribunal administratif de Paris l'an dernier) en expliquant qu'ils agissent au niveau du Parlement Européen. D'abord, c'est faux, là bas leur groupes vote des textes dégueulasses permettant la réintroduction du glyphosate où les droits à polluer des cimentiers. Ensuite, en France, ils continuent ad nauseam à renvoyer les français.es aux éco gestes, à demander de baisser le chauffage (ce que les pauvres font déjà avec une technique révolutionnaire : l'impossibilité de payer) où de baisser la clim. Mais eux ? Où est la commande publique pour repeindre en blanc les bâtiments publics pour lutter contre les ilots de chaleur ? Où en est la rénovation thermique abandonnée en rase campagne ? Et la révolution agricole quand de l'aveu des habitués de ces dossiers, aucun gouvernement n'a été aussi proche des désirs de la FNSEA ? 

Cet exécutif a un bilan, un passif de véritables climato négationnistes et les nominations du trident Borne Panier Runacher Montchalin montre bien le peu de cas qu'ils font de ces enjeux. Si vous trouvez que le programme de la NUPES sur le climat est trop radical, rappelez vous que le secrétaire général de l'ONU disait en commentant le rapport du GIEC "ce rapport qui prône l'arrêt de l'extraction des fossiles et le passage à la sobriété n'est pas radical. Aujourd'hui, les radicaux irresponsables sont ceux qui continuent à ne pas changer de modèle". Pas mieux. 

13/06/2022

Jupiter n'est pas républicain, Néron non plus

Je ne sais pas si les macronistes, ivres de rage hier soir de ne plus triompher comme il y a 5 ans, réalisent la gravité de leur stratégie d'entre deux tours... En bon start-uppers, face à un bug, ils pivotent, ils changent de stratégie, ils s'adaptent et ils repartent de l'avant. La version avril 2022 de la Macronie clamait que la gauche avait des valeurs communes avec eux et incarnait la République contre l'extrême-droite. Celle de juin 2022 la transforme en "extrême-gauche" (on parle d'Olivier Faure, quand même...) et appelle à ne pas choisir entre eux et le RN. Cette volte face à 180° aura sans doute un impact sur l'électorat. Mais bien malin qui peut prédire lequel. Il se peut que la consigne soit suivie, avec des désertions des urnes, mais il se peut aussi que nombre d'électeur.ices se disent que ça en est trop et tournent le dos à l'autoproclamé "cercle de la raison". Rendez-vous dimanche soir prochain pour voir les conséquences, l'histoire est à écrire et l'espoir est encore de mise. 

Mais la vie politique française ne s'arrêtera pas lundi en 8. Et donc après ? Reste dans le camp de la République le bloc Macron et LR ? Et c'est tout ? Restent 40% de votants sur 48% des inscrits ? Ça fait plus grand monde dans le camp de la République et ça nous rend bien mûrs pour le fascisme, alors. 

Qui tirera le signal d'alarme parmi les macronistes pour refuser cette stratégie mortifère pour l'avenir de la politique ? Quel.les commentateur.ices recadreront systématiquement la majorité quand ils osent parler "d'extrême gauche" pour évoquer la NUPES ? Au moment de l'accord électoral, les candidat.es d'extrême gauche ont précisément été écarté, pas un membre du NPA, de LO, pas d'anticapitalistes primaires. L'extrême droite, factieuse, violente, raciste, demeure l'extrême droite. Mais la NUPES ? Hier, attendant quelques résultats, j'ai regardé 1/2h du JT de France 3. Les deux journalistes reprenaient tous les éléments de langage de la macronie en répétant en boucle "la police tue, donc vous assumez la mise en cause de l'institution ?". Ça, le burkini et que sais-je, l'éditocratie reprend 3 faits divers et un demi-mot... Ian Brossat de répliquer calmement que "un refus d'obtempérer à débouché sur une mort. On devrait s'arrêter sur les faits avant de penser à la formule". Il n'a pas été suivi par les journalistes, hélas. 

La "République" c'est des hommes soupçonnés de viol joyeusement investis, une barbouzerie folle pour couvrir un fiasco sécuritaire au Stade de France, des conflits d'intérêts comme s'il en pleuvait, merci. Plutôt que de recadrer ses brebis galeuses, de faire le ménages dans ses écuries d'Augias, Jupiter se mue en Néron et lance l'anathème sur "les extrêmes" comme Néron brûla Rome. Avis aux pompier.es de la République, dimanche prochain il faut éteindre ça d'urgence.