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03/05/2018

1 milliard en moins pour l’hôpital, 1 milliard en plus pour les nababas

Hier, Macron a explosé le mur de l’indécence avec une double entorse à son programme présidentiel symptomatique du président de l’injustice sociale qu’il est. Contrairement à sa promesse de sanctuariser le budget de l’hôpital public, il a annoncé hier 1 milliard d’économies. 1 milliard en moins de choses concrètes : des embauches pour lutter contre l’attente, pour passer plus de temps en soin... des augmentations aussi, puisque nous sommes l’un des rares pays où le salaire des infirmièr(e)s soit sous le salaire moyen du pays. 1 milliard 100% utile en somme. L’hôpital public remplira encore un peu moins sa promesse, faute de moyens et ceux qui son pressés, bénéficient de relations et de moyens paieront pour leur santé. Tant pis pour les autres. Le même jour il annonce « la suppression d’une taxe qui ne rapporte rien », il laisse fuiter 70 millions d’euros... un clic sur le site de la Cour des Comptes (ce qui ne vaut pas le Pullitzer, hein) nous apprend qu’en 2017, ce sont 830 millions qui sont allés dans les caisses de l’Etat grâce à elle. 830 millions évaporés de la poche des ultra ultra riches dans l’espoir chimérique d’amener plus de yuppies en France. Nous sommes déjà de loin le pays d’Europe qui a le plus de milliardaires. Plus on fait des politiques pour eux, plus l’égalité s’en va et plus le sort de ceux qui naissent dans les quartiers populaires se complique. Et on continue en ce sens. Hier Macron a donc retiré 1 milliard 100% utile à l’Etat et offert 830 millions à ceux qui sont devenus 100% nuisible au bien commun. Je ne vois pas de plus grande violence qu’une injustice pareille qui relève vraiment du viol fiscal...

24/04/2018

Pour une jurisprudence Spiderman renforcée

Comme j'aimerais qu'enfin, la phrase de l'oncle de Peter Parker soit entendue : "with great power comes great responsibility". Et qu'enfin, dans un monde d'hyperpuissance, on puisse l'étendre à son volet judiciaire : avec de grosses culpabilités doivent venir de grosses sanctions.  

Interrogée sur l'obsolescence programmée, ce crime contre la planète, le coeur de son portefeuille ministériel, la secrétaire d'Etat Brune Poisron botte en touche. à ce sujet Plutôt que de sanctionner ceux qui se comportent mal, il faut encourager et féliciter ceux qui se comportent bien.... Surtout, ne pas infliger de peine à ceux qui mentent, bidouillent leurs rapports annuels et RSE, maquillent leurs pratiques pour continuer à polluer et détruire la planète comme si de rien n'était... 

Combien de Dieselgate, de Lactalisgate, de Rana Plaza faudra-t-il pour qu'enfin les responsables de ces organisations aillent en prison et envoient un message aux actionnaires desdites compagnies ??? A quand des vraies sanctions, pas des remontrances ? On a beaucoup glosé sur la transpiration et la voix chevrotante d'un Mark Zuckerberg malmené par des membres du Congrès. D'accord, d'accord, il a été interrogé très librement et très directement par des parlementaires américains, soit. Mais derrière ? Est-ce que Facebook payera une amende record ? Vont-ils, ne serait-ce que stopper leur politique d'optimisation fiscale ? Plus directement par rapport à ce qui leur est reproché : Facebook va t'il renforcer la transparence sur les données qu'ils collectent, sur la manière qu'ils ont de les collecter ? Réfléchissez bien avant de répondre, prenez votre temps, mais la réponse tient en 3 lettres et commence et finit par un "n"... 

Là où tout le discours dominant s'effondre d'un coup, c'est justement au nom du fait que la rémunération des dirigeants a explosé, littéralement explosé depuis les années 80 au titre de la "responsabilité". Ils disent vouloir "assumer". Mais ils n'assument rien du tout. Fidèles en cela à la jurisprudence Georgina Dufoix qui a réussi à merveille à scinder en deux responsabilité d'un côté, culpabilité de l'autre...  Et on ne sortira pas de la crise de responsabilité sans sanction fortes. A des actes criminelles, on impose des sanctions fortes pour pousser à un changement de pratiques. Ce qui vaut pour les assassins vaut pour ceux qui assassinent la planète.

On connaît l'adage "un patron qui parle économie c'est de la pédagogie. Un syndicaliste qui parle économie, c'est de la démagogie". On voudrait prolonger en disant "demander à ce qu'un petit délinquant aille en prison, c'est de la pédagogie. Exiger d'un grand patron délinquant qu'il aille en prison, c'est de la démagogie". Tous les responsables politiques du cercle de la raison, dans leur écrasante majorité, sont sur cette ligne. Ils trouvent toujours des circonlocutions, des périphrases, des contournements, pour expliquer, en somme "que c'est plus compliqué". Scooter volé = simple = prison. Morts = compliqué = pas sanction du tout...

Là où tout le discours dominant s'effondre d'un coup, c'est justement au nom du fait que la rémunération des dirigeants a explosé, littéralement explosé depuis les années 80 au titre de la "responsabilité". Ils disent vouloir "assumer". Mais ils n'assument rien du tout. Fidèles en cela à la jurisprudence Georgina Dufoix qui a réussi à merveille à scinder en deux responsabilité d'un côté, culpabilité de l'autre...

Pour faire passer la pilule, Dufoix s'est assis sur ce qu'explique Thomas Frank dans "pourquoi les riches votent à gauche" : les démocrates progressistes américains, de Clinton à Obama ont trahi la gauche en prétendant que la complexité leur imposait leurs décisions antisociales : fin du Glass Steagall Act mettant fin à la séparation banques de dépôts / banques spéculatives chez Clinton au nom de "la complexité". Loi Dodd Frank peu contraignante pour les banques après la crise de 2008 chez Obama au motif qu'on ne pouvait pas faire mieux à cause de "la complexité". La complexité, est une périphrase pour masquer l'absence de volonté d'enquiquinner ces petits amis : il suffit de regarder les émoluments et les postes occupés par les ex de l'administration Clinton et Obama pour comprendre. Apointés des millions de $ pour vendre leurs services à Goldman Sachs, Citigroup, Uber, Amazon et Google... Toutes entreprises dont les crimes restent toujours impunis. Heureusement pour eux qu'ils n'ont pas volé un scooter. Ça ça serait grave... Spiderman, reviens, ils sont tous devenus fous ! 

21/04/2018

Les individus n'existent pas

Qui oserait proférer une chose pareille, aujourd'hui ? Pas grand monde. Pourtant, il y a urgence à prendre le contre pied culturel de Margaret Thatcher, laquelle avait déclaré en 1987 (alors qu'elle était encore premier ministre):"Nous sommes arrivés à une époque où trop d'enfants et de gens (...) rejettent leurs problèmes sur la société. Et qui est la société? Cela n'existe pas! Il n'y a que des individus, hommes et femmes, et des familles".  

Nous sommes alors à la fin de la guerre froide et la peur du rouge, qui devrait être réservée aux bêtes à cornes comme disait Victor Hugo, faisait dire n'importe quoi aux libéraux. Trente ans après, cette phrase est le mantra non seulement de canards conservateurs, Le Figaro expliquant les inégalités scolaires par un manque de volonté d'intégration des enfants d'immigrés, mais aussi des canards supposés être plus ouverts. Quand ils traitent de sujets plus marqués à gauche comme l'ESS, l'économie sociale, ils mettent en avant des entrepreneurs et exhortent d'avantages d'individus animés par une fibre sociale... La prévention en santé reposerait sur le bon vouloir des individus. Pensez à manger vos cinq fruits et légumes, à pratiquer une activité sportive régulière, à ne pas manger trop gras, salé, sucré...Ad lib. Peu importe que les inégalités sociales face à l'obésité et autres explosent, le problème c'est l'individu, mais il faut l'enrober. On n'écrit pas encore "les pauvres se complaisent dans la graisse", mais on le pense un peu, hein. C'est de leur faute, ils préfèrent Burger King au quinoa...

Idem pour l'écologie, où l'on exhorte les individus à couper l'eau pendant leur brossage de dents, faire pipi sous la douche et trier ses déchets. Les quartiers chics ont des poubelles jaunes qui débordent sans penser qu'un bon déchet est un déchet qui n'existe pas... Sans penser que 90% des émissions de CO2 sont dus aux 10% les plus riches qui voyagent sans cesse, consomment des équipements informatiques énergivores... Le bilan carbone des zadistes est autrement plus modestes... Plutôt que de regarder, collectivement, pourquoi notre mode de production est suicidaire, on préfère conscientiser les individus sur leur petite tâche personnelle... Misère. 

Je me souviens d'un échange avec le fondateur du magazine Socialter qui me disait avoir beaucoup réfléchi à la manière d'illustrer ses couvertures : des idées ou des visages ? Il penchait pour le premier, il a choisi, par confort et par facilité, la seconde... Voilà bien la défaite absolue : opposer aux libéraux, des armes de libéraux. A Bill Gates, on voudrait opposer Yunus. Hérésie... Yunus, ou Ostrom, Esther Duflo, travaillent sur les causes sociales, collectives, des problèmes sociaux et les façons collective de les résoudre. Puisse-t-on les lire plus. 

De toutes les batailles culturelles perdues par la gauche, celle de l'individualisation est sans conteste la défaite la plus cinglante. Régis Debray nous dirait en bon médiologue que l'évolution des techniques de communication a parachevé cette noyade : chacun devenant son propre média par Instagram, Twitter et Facebook interposés, les égos individuels rayonnent comme jamais auparavant. Les anonymes et collectifs existent toujours bien sûr, mais ils relèvent plus de la marge que de la norme...

Les institutions politiques ne nous aident guère, non plus. Avec notre hystérisation politique autour de la présidentielle aggrave notre cas. Or la figure du messie est toujours moisie. De Jésus à Staline, il n'y a pas de sauveur suprême. Lors de la campagne 2017, nombre d'amis voulaient me rassurer sur En Marche en me citant quelques individualités "de gauche" ou hyper sociales rejoignant le camp. Et alors ? L'Abbé Pierre pourrait être en marche, le projet (prononcez proooojeeeeet) resterait libéral, facteur d'explosion d'inégalités et tutti quanti. Il faut être naïf, crétin ou un peu les deux pour ne pas le voir.

Pour les législatives, le collectif #Mavoix avait tenté de faire valoir une alternative non personnalisée, décentralisée et collective. Quantitativement, échec retentissant. Dans les urnes, peu de bulletins. Mais dans les têtes ? Pour avoir assister à nombre de réunions, le phénomène était systématiquement le même pour ceux qui découvraient : étonnement / sidération teintée d'une légère moquerie, puis tentative de comprendre et prise de conscience des failles gigantesques d'un système actuel relevant plus de la monarchie élective que de la démocratie. Nombre de facteurs court termistes, utilitaristes, pragmatiques, expliquent l'échec dans les urnes. Mais dans les têtes, la graine du doute est là...

Je ne crois pas aux individus. Pas isolés. Pas tels qu'on nous les raconte. Les mots de cette note sont les miens, mais ils sont aussi le fruit d'une enfance où les livres envahissaient les murs, où les invités à la table parentale avaient tant de choses à raconter dans de nombreuses langues. Les mots de cette note me viennent plus facilement pas seulement parce que j'aime les manier, mais parce que je fus élevé en ce sens. 

Les dominants refusent avec Thatcher de croire en la société car cela diminue leur "mérite". Michel et Augustin préfèrent dire qu'ils ont commencé dans leur cuisine, c'est plus méritoire. Plutôt que d'avouer que l'un des deux était le petit fils du fondateur de la BNP, ce qui facilite l'obtention d'un premier prêt.... Les dominants n'aiment pas admettre qu'ils avaient la course tellement facilitée à la base. Tout leur discours repose sur des termes sélectifs, se berce d'une chimérique compétition sans voir qu'il est aisé de gagner une course de haies quand vos adversaires font la course en sac... Il n'y a que la vérité qui blesse, dit-on, les blessures narcissiques peuvent se soigner avec une belle introspection. Camarades dominants, commencez donc une analyse en ce sens : les individus n'existent pas, ça n'est pas la fin du monde pour autant, juste le commencement d'un nouveau monde.